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Le retour du mot citoyen

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Depuis plusieurs années, le mot "citoyen" est mis à toutes les sauces. Dans Exorcismes Spirituels IV, l'écrivain Philippe Muray (1945-2006) a commenté ce retour en grâce. 

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L'autofiction vue par Philippe Muray

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Pour Philippe Muray (1945-2006), la montée en puissance des textes relevant de l'autofiction est à rapprocher de celle du "despotisme communautaire". Pauvre littérature ! 

Les écrivains d'aujourd'hui ne parlent souvent que de leur nombril. Sauf exceptions, ils n'osent plus évoquer le monde dans lequel on vit, et tenter de le comprendre pour appuyer là où ça va mal. Normal : ils ont trop peur des représailles ! Explications...

Philippe Muray (Littérature)

muray.exorcismesC’est dans le Laval Infos de mars 2003 que j'ai livré à mes lecteurs un premier extrait de Philippe Muray, L’Espace France. Je dois avouer  que j'étais tombé sous le charme de cet auteur quelques semaines plus tôt, en ouvrant par hasard chez Siloë son dernier ouvrage (Exorcismes Spirituels III). Dès lors j'ai commencé à en parler à quiconque s'intéressait à "ce qui n'allait plus" dans notre société...  

Après cette entrée en matière, j’ai publié Non au risque zéro (Moderne contre Moderne, n°108), L’écran de télévision (Désaccord parfait, n°123), Aller à l’étranger (On ferme, n°125), Vieilleries du temps jadis (Après l’Histoire, n° 127). Dans le Laval Infos d’octobre 2003, pour la "fête du livre", je me fais prendre en photo lisant  Exorcismes spirituels III… C’est dire si j’ai tout fait pour que mes lecteurs le découvrent, le lisent, le relisent, le dissèquent… Et ce bien avant que Fabrice Luchini n'envisage de monter un spectacle avec quelques-uns de ses textes...

Le 7 mars 2005 je lui ai même écrit au Philippe. Pour le féliciter de l’excellent travail qu’il effectuait en scrutant à la loupe l’époque actuelle. Bien sûr, je lui ai envoyé les Laval Infos dans lesquels son nom apparaît… Il me répondit rapidement - et à la main s’il vous plaît !-, en indiquant son adresse parisienne… Un grand, ce Muray. Et jusqu'au bout ! Le pauvre est mort quelques mois après, d’un cancer du fumeur qu’il avait bien cherché du reste. Cet homme libre laisse une œuvre prodigieusement intelligente, et que je relis sans cesse car elle me permet de mieux comprendre le monde de c. dans lequel nous baignons…Elle me permet aussi de beaucoup sourire...  

La suite dans le livre...

C'était Laval

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Quand j'ai créé la rubrique  C'était Laval en 1995, le passé avait déjà mauvaise presse en France depuis au moins trois ans, depuis que nos compatriotes avaient décidé d'entrer dans l'Europe de Maastricht, en 1992. Pour Philippe Muray, la France cette année-là, s'était donnée le coup de grâce, en toute liberté". Malgré cela, j'ai choisi de faire comme si de rien n'était, comme si le passé pouvait encore avoir de l'importance...

Pour faire comprendre mon attachement à la France et au passé, permettez-moi, une fois de plus, de citer ce cher Muray, qui évoque notre pays dans Exorcismes Spirituels III d'une manière qui me semble tout à fait juste :

"Si ce pays avait le moindre intérêt, du temps qu'il ne s'était pas encore suicidé aux applaudissements émus de la planète, c'était parce qu'il était depuis des siècles, et sous l'unité monarchique ou jacobine de façade, le lieu exceptionnel d'un conflit multiple, insoluble, terrible et délicieux comme la vie elle-même, comme la division infernale et magnifique des sexes qui se répercutait dans tous les domaines de l'existence quotidienne ; du conflit que l'on peut ramener, pour aller très vite, à la lutte perpétuelle des Lumières et du catholicisme. La France de Voltaire et de Bossuet, la France de Pascal et de Rabelais, de Diderot et de Bloy, de Molière et de Maistre, d'Aragon et de Claudel, de Proust et de Céline, aura été ce théâtre unique d'une désunion incessante, ou d'une cohabitation tenace et intenable, dont la dialectique sans arrêt renouvelée aura aussi imprimée sa marque dans les vies individuelles."

Après, Philippe Muray parle de "la conversion de la France aux valeurs du Nord, c'est-à-dire à la rationalité protestante et marchande, par définition incompatible avec les attitudes interrogatives ou critiques, avec la duplicité, la contradiction, le flou, la diversité, les faux-semblants et toute la comédie irresponsable des malentendus jamais résolus. Il n'y a pas d'autre Europe possible que l'Europe du Nord. Bernanos, bien avant la dernière guerre, avait qualifié l'entreprise hitlérienne de "seconde Réforme allemande". La troisième, porteuse de messages hygiéniques autant qu'incritiquables, triomphe en douceur et rien ne l'arrêtera. Le terrible ordre européen ne pouvait se faire qu'au prix de l'effacement de la "latinité" et par la victoire des impératifs archangéliques d'authenticité, de vertu, de positivité et de transparence que la civilisation luthérienne contient en elle et que répercutent désormais à jet continu les sacro-saintes recommandations de Bruxelles."

En conclusion, il n'y a plus de France !  



 



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