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Roger Buard (IV et fin) : Le refus d'être ministre, le Conseil économique et social, Pinçon contre Planchou...

Trahi par Pinçon et lâché par les socialistes de son département, Roger Buard peut méditer la célèbre sentence "Nul n'est prophète en son pays". Déçu par le comportement des camarades à l'égard de son ami Roger, "Tonton" le magnanime (avec notre argent) va ajouter quelques lignes au cv de l'ancien représentant en produits vétérinaires, qui l'a toujours servi si loyalement sans jamais rien lui demander en échange... Mais retrouvons Roger en 1979 qui vient d'apprendre qu'il n'était pas investi pour se représenter au conseil général...

Cette nouvelle humiliation ne l'empêcha point de rester mitterrandien et de préparer les présidentielles de 1981 avec une vive excitation. Même chose pour son fils aîné Frédéric, qui s'investit à Paris dans le service d'ordre de la campagne présidentielle, aux côtés de Pierre Bérégovoy, avec lequel lui et Roger étaient  amis. Le 9 avril 1981, à quelques jours du premier tour, Roger accueille François Mitterrand lors de son passage en Mayenne, qui suit de près celui de Jacques Chirac au Parc des Loges (il avait été accueilli par le jeune Jean-Michel Faguer, espoir montant du RPR de l'époque).

Chez nous, dans notre verte Mayenne, le Premier Secrétaire est venu parler agriculture à Cossé-le-Vivien devant près de 600 personnes. Le journaliste de Ouest-France évoque une "forte délégation du conseil municipal de Laval plus le maire de Mayenne, deux ou trois conseillers généraux et un ancien élu, M. Buard fils." Roger est le seul à être cité. Avec le futur président de la République, bien sûr...

Le fameux coup de fil

Le 10 mai 1981, François Mitterrand est élu Président et permet à la gauche d'entrer à L'Elysée pour la première fois depuis les débuts de la Ve République. Nous passions, selon Jack Lang, "des ténèbres à la Lumière..." Roger Buard est aux anges car son grand homme, celui qu'il suit depuis seize ans, est enfin parvenu à réaliser son grand dessein... Mais, vite, au travail ! Il convient de former un Gouvernement de combat prêt à appliquer les 101 propositions du programme de campagne...

Quelques jours après ce 10 mai, le téléphone sonne chez les Buard... Roger étant hors de Laval pour raisons professionnelles, c'est Simone qui répond. Immédiatement, avant même que son interlocuteur ne se soit nommé intégralement, elle sait à qui elle a affaire... Oui, c'est le... « Président, je vous ai bien reconnu », lui dit-elle. " Il prit de mes nouvelles mais voulait parler à Roger. Je lui demandai de me laisser un numéro où l’on pouvait le rappeler le temps de pouvoir joindre mon mari dans le département de la Creuse..."

On imagine aisément l'excitation de Simone qui réussit néanmoins à agir de manière efficace : " Je pris l'annuaire des vétérinaires, le Roy, et commençai à téléphoner chez cinq ou six vétos afin de savoir si mon mari était passé ou attendu chez l’un d’eux. Enfin j’arrivai à trouver celui chez qui Roger se trouvait et lui dis de rappeler d’urgence François Mitterrand. A son retour je ne demandai aucune explication au sujet de leur conversation... "Néanmoins Simone comprit que Roger, "tellement blessé par ce qui s’était passé à Laval", avait refusé la proposition de "FM".

Une proposition ministérielle, à n'en pas douter. Car Simone en est persuadée, il ne pouvait s'agir que d'une offre pareille..."Que fait donc un Président quand il vient d’être élu, je ne pense pas qu’il téléphone pour s’enquérir de la pluie et du beau temps !" Simone est d'autant plus certaine de cette demande "qu'à cette époque, Roger était préoccupé professionnellement" car le labo qui l'employait était en passe de fusionner... Il lui fallait défendre son bout de gras, faire en sorte de ne pas perdre les avantages liés aux années de travail effectuées...

Chargé de mission auprès d'Edith Cresson

Ainsi Roger avait dit "non" à son grand homme pour la deuxième fois (on se souvient qu'il avait refusé de "prendre" la mairie de Laval après la mort de Robert Buron). Mais Simone, malgré la grande proximité qu'elle entretenait avec son cher et tendre, ne sut jamais ce que Mitterrand lui avait proposé . Un ministère ? Un secrétariat d'Etat ? Les deux personnes qui peuvent répondre ne sont plus de ce monde. Quant à retrouver le conseiller qui était au courant (il y en avait forcément un), la recherche semble vouée à l'échec. A moins que ce monsieur ne tombe sur ces lignes et ne nous contacte prochainement ...

Toutefois, en septembre 1982,  Roger va obtenir un poste de chargé de mission de son Président préféré : il appartient à temps complet au cabinet d'Edith Cresson, ministre de l'agriculture, "qui [l]'a chargé de la rédaction d'un rapport qu'il lui remettra en 1983, rapport qui prendra la forme d'un livre (édité à la Compagnie Générale de Développement) : "Fonctions du médicament vétérinaire : hygiène et économie". L'année suivante, en 1983 donc, Roger sera nommé expert au Conseil économique et social, comme membre de la section de l'industrie et du commerce...

Toujours en 1983, dans une lettre au secrétaire de la section de Laval PS, le sieur Houdin, Roger Buard justifie ces "emplois" de la manière suivante : "Depuis décembre 1965, date de mon engagement aux côtés de F. Mitterrand, je n’ai jamais cédé sur un seul des principes qui définissent le socialisme auquel je suis fidèle. En 1981, une majorité de Français ont donné une autre dimension historique à ces mêmes principes si âprement défendus. Certains socialistes de la Mayenne, et pour des raisons qui n’ont rien à voir avec le socialisme, ne m’ont pas permis de continuer de me battre en Mayenne ; tant pis ! Après quelques mois de regret j’ai apporté à mon Parti, à un autre niveau, une autre contribution et j’en suis satisfait."

Les municipales de 1983 ou la cérémonie des adieux à Laval

En 1983 toujours, ont lieu des municipales auxquelles, pour la première fois depuis 1971, Roger Buard ne participe pas. Outre ses activités parisiennes qui résultent principalement du refus de certains socialistes de le voir continuer de se battre en Mayenne, il donne trois autres raisons au camarade Houdin dans le courrier déjà évoqué auquel il avait joint le petit bulletin que tout socialiste local d’envergure devait remplir s’il souhaitait être candidat sur les « 35 premiers de la liste), dans les 10 derniers.

La première est qu'il refuse d'être avec ceux qui l'ont éloigné du combat électoral... "Ainsi que je l’ai toujours dit depuis mars 1979 et je n’en démordrai jamais, j’attends encore les seules explications possibles, les raisons politiques, de ceux qui n’ont pas hésité à porter deux coups dangereux au Parti Socialiste en Mayenne, en m’empêchant de me présenter aux législatives de 1978 et de solliciter le renouvellement de mon mandat de conseiller général en 1979."  Voilà qui est dit.

Il refuse aussi, deuxième raison, de "cautionner ceux qui font tout pour qu'on perde les élections" ! Il s'agit, bien sûr, de l'équipe du maire sortant, "une équipe qui depuis 1978 compromet gravement les chances du Socialisme en Mayenne par une stratégie obstinée de l’échec. En 1978, j’ai dit et écrit « les victoires en s’additionnant sont génératrices d’autres victoires mais les défaites accumulées provoquent d’autres défaites". Depuis 1978, depuis que le maire sortant et certains de ceux qui l’entourent, définissent la stratégie du Parti Socialiste à Laval et en Mayenne, notre Parti a perdu les législatives dans la première circonscription et, pour la première fois depuis 1971, nous étions minoritaires à Laval en comptant les seules voix socialistes."

Règlement de comptes à OK PS

Le responsable de ces défaites ? André Pinçon, bien sûr ! "Dois-je rappeler enfin que le candidat qui devait « passer » tellement mieux que moi en 1978 a été battu une seconde fois aux législatives de 1981, malgré la vague rose, et mis en minorité à nouveau dans la ville dont il est le maire depuis 1973 !  Donc, à l’occasion de quatre scrutins majeurs et déterminants en moins de trois ans dans la première ville du département dont nous détenons la mairie depuis 1971 nous avons été battus et mis en minorité quatre fois !" Et d'ajouter, cinglant : "En ce qui me concerne, je me remets en question pour moins que cela mais il me semble que chez certains d’entre nous l’autosatisfaction soit considérée comme une vertu !"

Enfin, la troisième raison pour laquelle Roger n'est pas candidat est que "cette liste n’est pas une liste d’union de la gauche : en effet les communistes n’y ont pas la part qui CETTE FOIS [sic] leur revenait." On se souvient que Roger trouvait normal qu'ils n'y soient pas en 1971 ("à cause de leur agressivité quelquefois injurieuse, qui ne s'est arrêtée qu'un an avant les municipales de 1977").  Et de conclure ainsi sa troisième raison : "C’est une erreur politique une de plus, et une méchanceté gratuite à l’égard des communistes lavallois qui, depuis 1977, et surtout depuis 1981, ont été vis-à-vis de nous d’une parfaite loyauté et qui, dans un département comme le nôtre, dans l’intérêt à venir de la gauche toute entière, doivent être associés à la gestion des affaires de notre cité comme ils le sont à celles de la nation."

1983 restera également pour Roger l'année où il reçut une décoration qui lui tenait à coeur.. "Depuis le 3 janvier 1983, écrit-il [oui, toujours dans sa lettre à Houdin], le président de la République a estimé que j’étais digne d’être élevé au grade de chevalier de la Légion d’honneur. C’est à lui, personnellement, que je dois cette décoration que j’aurais refusée de tout autre." Et de conclure sa missive ainsi : "En étant très fier de n’avoir jamais perdu l’estime et la confiance de nombreux camarades mayennais et d’avoir conservé celle de la plupart de nos dirigeants nationaux et en particulier celle du Président de la République, je vous assure de mes sentiments socialistes."

Des vacances pour Simone...

On peut - en 1983 - considérer que la carrière politique mayennaise de Roger Buard est achevée...

Cela va être, si l'on peut dire, des vacances pour Simone...

"Pendant trente années, confie-t-elle, je fus mêlée sans l’avoir voulu à la vie politique de mon mari. Il n’y avait pas à l’époque de permanence ou de lieux de réunions.Tout se passait alors à la maison, où les militants venaient lorsque Roger était là. Ils étaient reçus dans son bureau mais ils ne savaient pas partir tant et si bien que 13 heures arrivaient et que, pour finir, je les invitais à déjeuner parce que je ne pouvais pas faire autrement et c’était pareil le soir où ils restaient dîner lorsqu’il n’y avait pas de réunion à l’extérieur qui se terminaient à 1 heure du matin. Je voyais mon mari rentrer fatigué par une semaine de travail pendant laquelle il avait parcouru 2 000 kilomètres et repartir pour les réunions interminables, il rentrait au petit matin sentant souvent le tabac bleu alors qu’il ne fumait pas mais les salles de réunions étaient enfumées. Souvent, il passait prendre une douche pour se défaire de cette odeur et ne pas parfumer la chambre mais lorsqu’il était trop tard, il était épuisé."

Encore un poste proposé et encore un refus !

En 1985, les Buard sont invités à déjeuner à L'Elysée par le Président Mitterrand, avec quelques convives triés sur le volet.  Ils acceptent bien volontiers de s'y rendre...

"Après le repas, indique Simone, Roger retrouve Charasse dans son petit bureau qui lui dit que le Président veut absolument lui confier un poste important."

Mais de quoi s'agit-il ? "De la présidence du ...", se souvient Simone. Devant le peu d'empressement de Roger à dire oui, devant sa mine embarrassée, le faux-comique Charasse vante tous les avantages inhérents à cette fonction : T'auras droit à ça, puis t'auras ça en plus, tu pourras faire ça, tu pourras faire ci... Mais Roger ne saute toujours pas au plafond : " Je vais réfléchir, et te téléphone demain pour te donner ma réponse." Charasse est surpris par la réaction de Roger, étonné qu'on puisse refuser un cadeau pareil !

Mais ces deux là, bien que mitterandiens jusqu'au fond de leur âme, n'ont guère de points communs, ne se ressemblent pas du tout...  

Dans la voiture, sur le chemin du retour en direction de Laval, Roger est pensif et silencieux. "Je l'entendais réfléchir", indique Simone. Puis, soudain, arrivé à la hauteur de Bonchamp, voilà qu'il ouvre la bouche : "Simone, je vais refuser la proposition que le Président m'a faite." Et d'expliquer pourquoi : "Parce que dans le CA d'administration de... se trouve un politique, M. X, qui fera tout pour me mettre en minorité." D'autre part, indique Roger, ce genre de poste exige de faire des concessions à sa morale de gauche matin, midi et soir...  Il faut se compromettre, poursuit Roger. Et, si possible, faire en sorte que le parti y gagne quelque chose... Tout ce que Roger déteste faire !

Bref, Roger, qui vient de déjeuner à L'Elysée et qui aurait dû se réjouir de son amitié présidentielle en rentrant à Laval avec sa femme, est un tantinet agacé par le cadeau qui lui est fait... Il dira non à Charasse, qu'il rappellera, comme convenu, le lendemain, plongeant l'homme aux bretelles médiatisées dans une grande stupéfaction : "Cela fait déjà deux fois que tu refuses un poste", lui dit-il. Sous-entendu : tu vas agacer le Président...

Lequel ne le sera pas et proposera à son ami Roger, peu de temps après ce déjeuner, de devenir membre du Conseil économique et social, section de l'Agriculture et de l'Alimentation, au titre des personnalités qualifiées, en remplacement de Madame Pontillon. Ce mandat sera renouvelé en septembre 1989 jusqu'en septembre 1994.

Là-bas, dans ce club de gens bien élevés que les politiques ont voulu récompenser socialement, Roger sera heureux comme un pape. "Il a fait un travail formidable !, indique, admirative, sa groupie Simone. Il a rédigé un rapport qu' aucun docteur vétérinaire n'aurait pu faire. Un rapport qui est à la Bibliothèque nationale et qui lui a demandé un an de travail, de recherche" : "L'épidémiologie des animaux d'élevage et la valorisation de la production" paru au Journal Officiel du 25 mai 1990. C'était, pour Roger qui, souvenez-vous, avait voulu être vétérinaire, une sorte de consécration.

Législatives 1986 

Mais voilà les élections législatives du 16 mars qui se profilent à l'horizon avec une "grande chance" pour la gauche de mordre la poussière et de mettre en place le premier gouvernement de cohabitation de l'histoire. D'où le coup politique de Mitterrand d'installer la proportionnelle dans le jeu électoral, histoire d'offrir au pays une représentation plus juste de ses forces politiques. Voilà pour la raison officielle, celle que les socialistes vantent à qui mieux mieux.

Car la vraie raison est de permettre au Front National de Jean-Marie Le Pen d'entrer à l'Assemblée nationale et, partant, d'affaiblir considérablement la droite dite de gouvernement en perturbant ses stratégies politiques.  

Au PS national, la candidature du maire Pinçon ne fait pas l'unanimité. Il est vrai que les échecs des dernières élections (décrits dans la lettre de Roger à son ami Houdin) ne plaident guère en sa faveur. Résultat : la Rue de Solférino opte pour un "parachuté", un ancien chevènementiste, Jean-Paul Planchou.

En décembre 1985, dans une note : réflexion sur la situation pré-électorale du PS en Mayenne, Roger Buard prend parti pour ce Parisien de Planchou  «le meilleur candidat que notre fédération pouvait avoir et pour ce genre d’élection et pour l’avenir du socialisme dans ce département difficile ».

Son but principal est de battre Pinçon, en particulier sur Laval.

Planchou ne fait pas l'unanimité...

Toutefois, un article de L’ Express publié dans le numéro du 26 juillet au 1er août 1985 présente ce cher Roger comme un troisième homme possible :

« […] trouvons donc quelqu’un qui ne soit ni Planchou ni Pinçon. Pourquoi pas un Mayennais mitterrandiste ? Impossible ! répondent les Rocardiens, pour qui le socialisme à visage mayennais c’est Pinçon. Au fait est-ce si sûr ? A bien chercher on découvrirait peut-être un troisième homme, pas vraiment mitterrandiste, plus vraiment rocardien, un peu les deux et socialiste tout court. Un candidat qui se prépare bien discrètement à tenter le coup de l’union : Roger Buard, un Mayennais de Paris, qui a su ne pas se faire oublier. Comme par hasard, on le voit beaucoup, depuis quelques mois, à Laval, du côté de la rue du Vieux-Saint-Louis, le siège du PS. Il y prend même la parole comme ce 18 juillet, lors de la discussion suscitée par le bref passage de Planchou. Il parle et on l’écoute. Pinçon ronge son frein. »

Si l'article n'est guère critiquable il commet néanmoins une boulette quand il annonce que Roger ne serait "pas vraiment mitterrandien". Roger Buard serait, comme on dit, resté mitterrandien y compris la tête sur le billot...

Le mauvais numéro de "Djack"

La candidature de Planchou, il fallait s'y attendre, passe très mal chez les socialistes de la Mayenne qui créent immédiatement une étiquette  dissidente - Socialisme et démocratie - avec André Pinçon comme candidat aux législatives (et Claude Leblanc à la tête de la liste régionale, alors que la liste régionale de Planchou est menée par l'adjoint au maire de Laval Georges Minzière, sommé d'en démissionner par le maire de Mayenne).

La lutte fait rage entre les deux équipes.

Mercredi 7 mars, le clan Planchou fait venir une "star" à Laval, le ministre de la culture, l'ébouriffant Jack Lang, l'un des chouchous du Président Mitterrand (il a son rond-de-serviette rue de Bièvres le dimanche soir). La rencontre aura lieu à Cossé-le-Vivien, au pied des sculptures du musée Robert Tatin. Pour la petite histoire, ceux qui prennent Lang pour un charlot (ou autre chose, car d'effroyables histoires se racontent concernant sa vie sexuelle), ceux qui prennent ce type pour un rigolo se bidonnent ouvertement car il ne connaît pas le prénom de Planchou ! Il prétend pourtant devant le public être "venu en Mayenne pour apporter un témoignage personnel sur Jean-Pierre [sic] Planchou que je connais bien".   

La victoire de Pinçon

La surprise de ces élections tombera à 23 heures, le 16 mars, jour du vote, à l'hôtel de ville, quand André Pinçon apprend, en public, qu'il siégera à l'Assemblée nationale avec MM. d'Aubert et Gastines ! Avec 22,14%, sa liste, Socialisme et Démocratie, a emporté le troisième siège mayennais.

Faisant allusion à son concurrent Planchou, le nouveau député-maire s'exclame : "Nous avons montré que nous n'étions pas plus bêtes que les Parisiens !" Et d'ajouter, à l'attention de ses fidèles qui l'acclament dans la salle du conseil : "Il n'y a rien à boire mais soyez patients, cela va arriver !" Il faut avouer, pour ceux qui ne connaissent pas Laval, que le socialistes de l'équipe Pinçon n'était jamais contre un "p'tit coup à boire"...

On imagine la réaction de Roger Buard quand il a appris que son "ennemi juré" allait entrer au Palais Bourbon et réaliser le rêve que l'ami du Président a fait durant une longue partie de sa carrière politique... Ce fut encore un choc décoché, si l'on peut dire, par ses anciens amis...

C'est en tout cas la fin de notre récit concernant la carrière politique de l'ami lavallois du Président Mitterrand.

Enfin... pas tout-à-fait puisqu'en 1988, Roger Buard va se présenter une toute dernière fois à une élection cantonale, dans le fief de Montsûrs, que son père avait "tenu" jusqu'en 1982. Jusqu'à ce qu'il se fasse battre par un jeune loup de la politique de l'époque, Jean-Michel Faguer, 24 ans et toutes ses dents, qui avait fait deux fois plus de voix que Buard Père et visité tous les électeurs du canton...  Six ans plus tard, Roger essayera de reprendre le flambeau contre ce même Faguer qui l'emportera haut la main, avec 70% des votants...

Cette fois, Roger avait compris qu'il n'y avait plus de fonction élective à briguer dans ce département de la Mayenne qu'il a tant aimé, tant apprécié...

Après une existence vouée à son métier, à sa femme et au socialisme, il s'est éteint le 15 novembre 2009 dans une chambre du Rocher Fleuri où il avait été admis après un AVC.

Sa fin de vie fut pénible, comme beaucoup de fins de vie.

Il a souhaité être incinéré, contrairement à ce qu'aurait préféré sa chère Simone qui dut, quelques années après, vivre un nouveau cauchemar : la mort de son fils Frédéric.

Que ces quelques pages puissent permettre à ceux qui ne connaissaient pas Roger Buard de le découvrir et d'avoir une idée de la manière dont il a "géré" sa carrière politique.

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