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La visite à Laval de Félix Faure

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En 1896, quand un Président de la République se rendait en province lors d'une visite officielle, il pouvait être sévèrement critiqué par la presse régionale.

Ce fut le cas à Laval avec le "frère" Félix Faure... Ces critiques reflètent les doutes que certains Français avaient à l’égard du régime mais également la liberté de ton dont usait la presse quotidienne régionale de l’époque, un ton fort libre aujourd’hui inimaginable !

Eh oui, le président de la République n’impressionne guère L’Echo de la Mayenne ! Pas plus que le régime qu’il représente d’ailleurs !

 

L’Elysée

Félix Faure, L’Echo de la Mayenne ose le présenter comme un troisième couteau de l’histoire politique française : un politicien « qui ne doit sa haute fonction qu’aux hasards de la vie parlementaire ». Si ce jugement a bien résisté au temps, tel n’est pas le cas du suivant, indiquant qu’« une fois déchu du fauteuil présidentiel, il ne restera de ce Président qu’un honnête bourgeois dont nos annales mentionneront à peine la mémoire ».

Mort trois ans plus tard à l’Elysée en pleine séance d’anatomie comparée avec sa maîtresse (la fameuse « connaissance » qui s’était enfuie par l’escalier de service…), Félix Faure a gagné à jamais sa place dans la petite histoire souriante de la IIIe République (catégorie « chauds lapins »).

La maçonnerie

Très attaché à la vérité des faits, L’Echo de la Mayenne parle du « frère » Félix Faure, révélant ainsi l’appartenance maçonnique du président de la République, appartenance qui, comme chacun sait, implique une façon de penser, des références historiques et des accointances très particulières…

Cette vérité des faits conduit L’Echo à rappeler au Président qu’il ne s’est pas rendu à Laval de gaieté de cœur : « Si nous en croyons la chronique, vous n’aviez nulle envie de vous arrêter dans nos murs puisqu’il ne vous fallut pas moins de trois visites pressantes du préfet de la Mayenne, du maire et des adjoints de Laval, tous quatre inséparables dans leur assaut d’assistance pour vous arracher un oui ! sauveur… »

Révolution française

Le journalistes rappelle également à l’hôte de l’Elysée que, s’il a cédé, c’est parce que la République a besoin en Mayenne d’une « visite fastueuse » pour rallier à elle des électeurs davantage attachés à la monarchie de droit divin qu’aux Terroristes guillotineurs de 1793 !

D’autre part, fidèle à sa devise d’appeler un chat un chat, L’Echo de la Mayenne revient sur les dépenses somptuaires occasionnées par cette visite. « En un mot, Monsieur le Président, - excusez ce détail qui résume tout : vous allez passer 7 heures – seulement 7 heures ! -  dans notre ville et vous nous coûterez au bas mot 100 francs la minute !

Et le journaliste de conclure, ironique : « Ah, si vous accrochez quelques rubans sur les gilets opportunistes ou radicaux (vos rubans ne connaissent guère d’autres boutonnières ), les Lavallois les auront bien payés. »

La politesse des rois

Mais si L’Echo ne se pâme pas devant ce voyage , il reconnaît que « c’est un événement dans notre France que la visite d’un chef d’Etat ». Et il accorde d’entrée de jeu un bon point à Félix Faure : celui de la ponctualité. Car le Président est bien arrivé en gare de Laval à l’horaire initialement prévu : 5 h du soir…

Autre bon point : le « programme annoncé a été scrupuleusement suivi »… et narré avec tous les détails par le journaliste du L’Echo de la Mayenne qui ne manque jamais de faire un commentaire ironique…

La remise de médailles

Sitôt descendu du train, le Président effectue l’une de ses activités favorites – avec l’inauguration des chrysanthèmes : la remise de médailles et de décorations. En l’occurrence à certains militaires présents « dans l’une des salles de la gare aménagée pour la circonstance ».

Plus tard, à l’hôpital Saint-Julien, le Président en distribuera également un paquet pendant environ une demi-heure. Puis il se rendra à la Préfecture où auront lieu les réceptions officielles avec les discours des sommités locales…

Lassé par la suite du programme, le journaliste refuse de citer « la série des administrations admises à présenter leurs hommages. D’ailleurs, conclut-il la formule est toujours la même : protestations de dévouement et de reconnaissance. »

Les « hussards noirs »

En revanche, il décrit dans le détail les réceptions des maires et des instituteurs, les fameux « hussards noirs de la République » représentés par M. Leballe, inspecteur d’Académie : « La République est l’objet de leur culte, insiste ce dernier, et ils tendent à faire pénétrer dans les masses l’idée républicaine ! »

Puis à 6 h 55, le Président de se rendre aux Galeries de l’Industrie pour un banquet républicain de 450 convives qui fait l’objet d’un article ici…

 

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