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Le testament de Noémie Hamard

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Le 22 mai 1896, dans sa maison du 49, rue de Bretagne, Mlle Noémie Hamard, 60 ans, rédige le texte le plus important de sa vie de «vieille fille» : un testament destiné, entre autres, à récompenser les jeunes filles vertueuses et méritantes...

 

Maître Touchard

Déposée en l’étude du notaire, maître Touchard, la première partie témoigne de la foi chrétienne de l’intéressée mais aussi des us et coutumes catholiques qui caractérisaient la bonne société lavalloise de la fin du XIXe siècle.

En ces premières années du IIIe millénaire où le christianisme n’influence plus le comportement de la majorité de la population mayennaise, cette partie ne manquera pas de surprendre : « Je veux une sépulture de première classe simple, et que les pauvres de l’asile de la Coconnière, ainsi que ceux du Bureau de Bienfaisance de la paroisse de Notre-Dame des Cordeliers de Laval, assistent à mon convoi.» Précision : «ces pauvres ne porteront pas de cierge.»

Inhumée au cimetière de Grenoux

Lignes suivantes, Mlle Hamard indique qu’elle veut être inhumée – non à Vaufleury – mais « dans le cimetière de Grenoux », auprès de son frère, M. le curé Hamard. Et de poursuivre : « Le terrain nécessaire à mon inhumation, ainsi que celui où reposent actuellement mon père et mon frère, et qui n’est concédé que pour trente ans, devront être achetés à perpétuité.»

Mlle Hamard veut également que soit « placé sur (sa) tombe un monument semblable à celui de (son) père et de (son) frère ». Et que, « dans les deux mois qui suivront son décès, il soit célébré cent dix messes pour le repos de son âme : dix à la paroisse de Grenoux et cent à la communauté de Saint-Fraimbault de Lassay » où son frère tendrement aimé, l’abbé Hamard, est décédé.

« En outre, écrit Noémie, je veux que pendant le délai qui s’écoulera entre mon décès et ma sépulture, il soit dit à l’église Notre-Dame-des-Cordeliers, ma paroisse, quatre messes chaque jour. »

La domestique

Ces points réglés, Mlle Hamard assure l’avenir financier de sa domestique, Joséphine Lacroix, à qui elle lègue – si cette dernière est encore à son service le jour de son décès « une rente annuelle et viagère de 1 000 francs », garantie par une inscription hypothécaire prise dans le mois de son décès, pour un « capital de 20 000 F au moins » sur sa « terre des Poiriers » (Grenoux), que Noémie « affecte spécialement à cet effet ».

A sa chère Joséphine, Noémie donne aussi de nombreux objets: « deux lits complets, deux tables de nuit, six chaises, une pendule sous globe…»

La Ville comme légataire universelle

Ces dispositions couchées sur le papier, Mlle Hamard aborde la seconde partie de son testament, la plus importante pour ceux qui s’intéressent à l’histoire de Laval car elle va justement marquer cette dernière…

D’abord, la « vieille fille » y déclare donner tous ses biens, « meubles et immeubles qui existeront à (son) décès et composeront (sa) succession à la commune de Laval », qu’elle institue en conséquence « sa légataire universelle en toute propriété ». Mais attention ! Ce legs ne sera accordé qu’aux conditions suivantes…

Des conditions impératives

Mlle Noémie Hamard souhaite que « la Ville entretienne à perpétuité » sa tombe et celles de son père et de son frère (« peindre et argenter tous les cinq ans »).

Elle impose à Laval «de ne pas aliéner pendant un délai de 25 ans du jour de "son" décès les immeubles qui se trouveront dans (sa) possession».

Victor Boissel

Enfin, dernière condition qui lui vaut d’avoir eu son nom sur une plaque de rue lavalloise en 1906, cinq ans après sa mort : Mlle Hamard demande à la Ville « de couronner chaque année une rosière » et de décerner un « prix de vertu »…

Dévoilées au conseil municipal du 1er juillet 1901, ces conditions sont acceptées à l’unanimité par les équipiers du maire de l’époque, Victor Boissel (1892-1919).

Et la dernière – rosière et prix de vertu – perdurera jusqu’en 1969…

 

 

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