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Les lectures d'été du conseilller JCG (I), Lira bien qui lira le dernier...

JC Gruau, comme le veut la tradition, l'heure est venue d'évoquer vos lectures d'été, celles de la fin juin et de juillet en particulier. J'ai commencé par un petit livre de feu Hubert Nyssen (1925-2011), l'ancien fondateur de la maison d'édition Actes Sud, concernant la lecture justement : Lira bien qui lira le dernier (Editions Labor, 1 €, chez un bouquiniste du Boulevard Saint-Michel). Il s'agit d'une "Lettre libertine sur la lecture" destinée à une lectrice imaginaire, Mademoiselle Esperluette. Certaines considérations sont intéressantes, à commencer par cette évidence concernant le livre et la lecture : si ces deux-là, "depuis longtemps vont de conserve, ils ne sont pas dans le même bateau".

Comment ça ? "On a lu avant le livre, écrit H. Nyssen, et sans doute lira-t-on après lui. Le livre n'est jamais que le support actuel de la chose écrite, il n'est rien d'autre que l'outil utilisé dans un moment de l'histoire dont nous sommes encore les acteurs." Bref, "une chose est de se demander où va le livre, une autre où va la lecture". Laquelle lecture peut concerner aussi bien les oeuvres de Maurice Blanchot ou de Lautréamont que le dernier SMS de la fin d'après-midi nous enjoignant de rapporter une baguette "pas trop cuite" en sortant du travail...

Parlons des livres sans lesquels vous auriez bien du mal à supporter cette vallée de larmes qu'on appelle la vie... J'ai apprécié cette remarque que Nyssen tient d'un écrivain américain "auquel un visiteur, promenant les yeux sur les livres qui tapissaient les murs de son cabinet, demanda s'il les avait tous lus." Sa réponse ? "Non, mais je vis avec." Et "Hub" de commenter : "Qui ne comprend le sens de cette réplique ignore un grand mystère et un singulier plaisir." Vivre avec des livres - je dirai même : au milieu des livres, car mon bureau me permet ce compagnonnage - est l'un de mes "petits" bonheurs quotidiens et il m'arrive plusieurs fois par jour de regarder "mes" ouvrages. De les contempler, devrais-je écrire si j'en crois le Petit Robert : "Contempler : considérer attentivement ; s'absorber dans l'observation de. "

Comme ça, juste pour le plaisir ? Oui. Et pendant de longues minutes. Je les regarde avec un infini respect pour le "savoir" qu'ils contiennent et dégagent,  et aussi avec un grand plaisir visuel pour leurs couvertures parfois si belles bien qu'aucun de ces livres n'ait une valeur marchande intéressante. J'éprouve également un profond respect, teinté parfois d'une grande admiration pour nombre de ceux qui les ont écrits ; pour mes auteurs préférés, bien sûr, qui m'ont offert tant d'heures de bonheur, mais aussi pour les autres écrivains, que je prise moins. Ah, on peut dire que les uns et les autres n'ont pas perdu leur temps sur cette terre en écrivant certains volumes ! Je les regarde, ces ouvrages, et me dis que, quoi qu'on puisse penser de l'homme en l'observant vivre et mourir dans la vraie vie, il est tout de même l'auteur de ces "petits objets" qui dépassent tous les autres ! Car le livre, H. Nyssen le rappelle, "n'est pas un produit comme la gomme à mâcher, l'huile ou le savon, l'automobile ou l'ordinateur" !

Dans sa lettre, Nyssen évoque-t-il cette "concurrence" faite au livre par la puissance du numérique, de ce monde virtuel dans lequel nous sommes désormais plongés, de ce monde alimenté, si j'ose dire, par tous ces écrans devant lesquels nombre de nos concitoyens passent désormais une grande, une immense partie de leur vie ? Oui, bien sûr - et c'est aussi ce qui m'a plu dans sa lettre car il évoque avec talent ce que nous sommes nombreux à constater tous les jours : "la précipitation des événements" et la généralisation du virtuel et des images, via les portables que les jeunes - et moins jeunes - regardent à tout moment de la journée, y compris quand ils sont - a priori- engagés dans une conversation avec une personne ... réelle.

Donnez-nous un extrait, s'il vous plaît. "Surgies des boîtes de Pandore de la recherche, les prouesses analogiques, télématiques et numériques ont en effet depuis lors  si bien réussi à tout transformer en images, si bien réussi à les répandre sur la planète entière, à les faire défiler sur des millions d'écrans (voyez les paraboles qui ornent le paysage urbain des cités, même les plus pauvres), si bien réussi à les décliner, les combiner, les raffiner, à leur donner des rythmes qui en déforment si malignement le sens, à les faire passer du témoignage à la subversion en un si habile tournemain, qu'il n'est plus un événement, plus un pan de l'histoire, plus un coin de la connaissance, plus un aspect de la création ni même une bribe de pensée qui n'aient été captés et représentés, interprétés, métamorphosés, anamorphosés, bistournés avec tant de désinvolture, avec une si perfide malice, avec un tel mépris de l'historicité de notre héritage, et à une cadence si infernale, qu'aux milliards d'yeux qui les contemplent et les scrutent et les suivent et en redemandent même quand ils en perçoivent l'artificialité ou l'inaccessibilité, ces représentations virtuelles ont, avec leurs mirages, pris la fonction et le rôle qui étaient ceux des réalités tangibles."

Résultat de la "révolution" en cours... "Le virtuel, instrument de la servitude, sera (bientôt) devenu la réalité fondamentale et le réel, lui, affligé par la pauvreté de n'être qu'un réel sans magie, sans prestige et sans sortilège, privé de ses tambours et trompettes, apparaîtra comme une pauvre et triste contrefaçon."  Un réel sans magie ! Et sans aucun attrait pour les jeunes qui, en voiture par exemple, quand ils accompagnent leurs parents en vacances, préfèrent lire leurs innombrables et incessants messages (à la noix, le plus souvent) ou faire des "selfies" plutôt que de regarder les paysages qui défilent par la fenêtre ! L'autre soir, je flânais dans Paris et n'en revenais pas de voir tant de jeunes couples scotchés à leur portable ! Certes garçons et filles se tenaient par la main mais la plupart des amants regardaient chacun leur dernier SMS à 1 heure du matin !

Cela vous dérange ? Cela m'attriste, surtout. Car c'est un monde que j'exècre même si je suis ravi de pouvoir recevoir des nouvelles de mes proches quand ces derniers sont loin de Laval, pour me rassurer. En revanche, je n'aurais pas aimé draguer des jeunes femmes en partie (ou en totalité) absorbées par leur écran de téléphone portable ! Non mais ça ne ressemble à rien ! Dans ce domaine, ma génération (11 ans à la mort de Pompidou) a été privilégiée de ne pas "bénéficier" de certains progrès techniques qui font beaucoup de mal à la joie de vivre. Mais bon... vous connaissez mon disque, j'arrête de jouer les vieux c. ! 

Quelles conséquences un tel engouement numérique peut-il avoir sur la littérature ? Hubert Nyssen pense qu'icelle se trouvera "précipitée" dans "un abîme de platitude, elle qui avait pour fonction de susciter et de stimuler, dans le théâtre de notre affectivité et dans l'arène de notre imagination, des représentations dont nous étions les seuls acteurs." C'est terrifiant. Elle a fait rêver pendant des siècles et maintenant, elle est d'une ringardise absolue !

Il est vrai que certains auteurs feraient mieux de s'abstenir... Vous avez raison ! Surtout ceux qui ne pratiquent que l'autofiction avec des phases de trois ou quatre mots...  Et qui trouvent le moyen de nous "balancer" dans chaque chapitre la philosophie mercantile des gros media du Système : ouverture aux autres, métissage obligatoire, sanglots de l'homme blanc, etc. Qu'ils meurent de leur belle mort, tous ces artistes sans aucune originalité et qui tous sont anti-FN, anti-Trump, anti-Poutine, etc. Vous voyez le genre...

Dites voir, ce Nyssen n'est guère optimiste... Et son livre a plus de dix ans ! Cette évolution numérique l'incite en effet à se demander "si, au moment où tout est virtualisé avec pareille frénésie, le désir archaïque de cristalliser dans la durée ce qui est en train de s'écrire a encore le moindre sens, si l'idée que nous nous faisons du temps n'a pas pris un sérieux coup de vieux dans ce tumulte, et si le futur, lui, a encore la moindre possibilité de faire escale dans le présent avant de basculer dans le passé."

C'est juste mais... terrible ! Oui. Et chaque écrivain le comprend, qui hésite à se plonger dans un travail de titan, l'écriture d'un livre, qui, neuf fois sur dix, quelques mois après avoir été édité, finira au pilon sans même que ses plus proches amis n'aient fait l'effort de le lire plus de dix pages ! Car nous en sommes là ! Beaucoup, par exemple, me disent : "Tu devrais écrire un livre sur ce sujet !" Je leur réponds : "Pourquoi se donner cette peine car vous ne le lirez pas !" Et, dans le meilleur des cas, la réponse est : "Pas sûr !" Résultat : mieux vaut écrire via l'Internet car, au moins, on est certain d'être lu de son vivant... Car pour ce qui en est désormais de l'immortalité littéraire, le fameux "billet à la loterie" de Stendhal qui, dans H.B., souhaitait, en 1835, être lu en 1935 ... permettez-moi désormais d'en douter d'autant plus sérieusement que la langue française perd d'année en année de nombreux utilisateurs... dignes de ce nom.

Vraiment, le monde actuel, avec ou sans flux migratoires totalement irresponsables, n'est pas simple à appréhender ! Non. Mais nous avons quand même plusieurs écrivains de qualité supérieure qui peuvent nous le faire mieux connaître, et nous ouvrir les yeux. Mais encore faut-il prendre le temps de les lire...  Je pense à Richard Millet, que la critique a dernièrement assassiné, à Renaud Camus, le "père" officiel de l'expression "Grand Remplacement", à feu Philippe Muray, qui avait tout compris dès le milieu des années 90. Je pense à l'excellent Hannibal qui, toutes les semaines dans Rivarol nous régale avec sa chronique. Ces quatre-là sont d'une grande utilité pour quiconque souhaite ne pas mourir idiot... Il y a aussi, sur l'Internet, les articles tonifiants du candidat Henry de Lesquen et du jeune Boris Le Lay ; sans oublier les romans de Houellebecq, qui permettent de voir ce que "nous" sommes - hélas - devenus...

Revenons à Nyssen et à certaines de ses remarques  qui vous ont plus particulièrement intéressées... J'ai apprécié qu'il ose dire que les livres auxquels les lecteurs sont les plus attachés ne sont pas "des livres pour tous"! Certes ce n'est pas dans le vent comme pensée -  il faut conjuguer désormais le "pour tous" à tous les temps et à toutes les sauces  - mais c'est la pure vérité :  "On aurait beau les offrir [ces livres que l'on aime au point de vouloir les faire connaître au monde entier], ils n'auraient pas beaucoup plus de lecteurs qu'ils n'en ont déjà. Car il ne suffit pas de savoir lire pour pouvoir lire."

Bien vu ! Et Nyssen de poursuivre : "Afin de parer la bastonnade, j'aurais dû revêtir heaume et armure pour dire cela, mais je persiste à le prétendre et à le répéter : si l'on n'y a pas été préparé par une éducation, qu'elle fût particulière ou sociale, on ne peut trouver dans la lecture que déception et, pire, graines d'hostilité. Donner à lire à qui ne sait pas lire revient à le détourner pour longtemps des livres, sinon à jamais."

C'est vrai même si des différences peuvent exister auprès d'enfants élevés de la même manière. Oui, deux frères peuvent avoir reçu la même éducation mais entretenir des relations contraires concernant les livres et la lecture. Mais je reviens à Nyssen qui, plus loin, dit à sa chère (et fictive) Mademoiselle Esperlette qu'elle peut se réjouir d'être une lectrice indépendante : "Vous n'êtes tributaire, vous, que de votre plaisir, de vos désirs."

Contrairement aux éditeurs, aux critiques littéraires, aux libraires également qui doivent lire des livres "au kilomètre", des livres qu'ils n'auraient jamais choisis de lire s'ils n'y étaient contraints à cause de leur métier ! Exactement. Et le fondateur des éditions Acte Sud de donner un conseil à son interlocutrice, conseil qui, évidemment s'applique à n'importe quel lecteur : "Ne vous avisez pas de devenir une dévoratrice sans mesure. Le bon Jules Renard disait que "chaque lecture laisse une graine qui germe". Accordez donc à ces graines le temps de germer, de fleurir. Bien lire n'est pas trop lire, c'est encore moins lire par force."

Tout-à-fait juste...  Pour Nyssen, je poursuis, "le futur du petit lectorat dépend moins des mesures d'assistance qu'on pourra lui donner que du comportement de la société tout entière et de son évolution. Car, écrit-il, pour prendre la mesure des illusions que nous nous faisons quand nous nous croyons au centre du monde, il faut aller au centre de nulle part, voir et entendre, en éthologistes de notre espèce animale, ce qui se joue, se proclame, se commet dans nos campagnes, nos villes, nos cités et nos faubourgs, dans les cuisines et dans les chambres des familles où s'est éteinte l'autorité parentale, dans les école où l'enseignement des maîtres est contesté sinon éreinté par les perspectives qu'ouvrent les écrans de téléviseurs, des consoles et des ordinateurs, dans les couloirs et les escaliers des immeubles où se font et se défont les clans et se rallument les guerres de religion, dans les travées des supermarchés où s'affiche avec un joyeux mépris la suprématie marchande, dans les sex-shops où l'on cherche l'inspiration et dans les caves à tournantes où l'on passe à l'action, dans les ruches boursières et dans les conseils de surveillance où les chiffres ont réduit les lettres au silence, et aussi, plus loin de nous mais tout de même si près, dans les officines des terroristes et dans les états-majors des justiciers proclamés, dans les lieux où l'on passe de l'interrogatoire musclé à la torture, dans les régions où l'on érige des murs qu'en d'autres temps on a dit "de la honte", et dans celles où "la misère chasse la pauvreté".

A part le conseil municipal de Laval, il n'a pas oublié grand monde ! Non. [rires] Mais Nyssen tient quand même à préciser une chose essentielle : "La lecture a toujours été le divertissement des privilégiés de notre espèce, le miel de l'érudit, le recours de quelques solitaires, et elle n'a connu de grandes passions collectives que chez ceux que la guerre ou l'oppression avaient jetés vers elle comme un ultime recours. En un mot comme en cent, la lecture, à l'image de l'écriture, ne peut être qu'une manifestation d'égotisme ou un acte de rébellion."  

Il a raison ! Sa conclusion vous plaira également : "La lecture sera ce qu'elle est déjà : le privilège d'un petit nombre, et elle ne peut espérer de grandes conquêtes si elle reste cette élégante et agréable passion de gens cultivés dont le destin, malgré des douleurs et des deuils, n'est pas laminé par la misère."

Et quid de l'absolu ? Car je vois un lien étroit entre la recherche de ce dernier et le goût de lire... Il parle d'une chose des plus importantes "pour la survivance de la lecture autant que pour l'avenir de l'écriture : l'ambition métaphysique". "De cette recherche de l'absolu qui nous hante même quand nous ne la percevons pas " Ce qui entraîne Nyssen à voir dans chaque livre, quel qu'il soit, "une invitation à découvrir les interrogations qui stagnent dans les brumes." Plus loin, il parle du désir...

Tiens donc, et que dit-il sur ce sujet ? Il pose une question-qu'elle-est-bonne : "L'essence du désir n'est-elle pas marquée par l'incomplétude et l'espérance d'y remédier ? Par le manque que désignait Platon mais aussi par l'émergence d'une sorte de volonté de le combler ? Désirer, c'est à la fois prendre conscience d'une absence et tendre vers sa résolution, c'est percevoir et agir. Or la lecture n'a d'autre vrai mobile que celui-là. Elle n'est justifiable que dans la mesure où elle répond à cet appétit de vivre, d'éprouver, de ressentir, de connaître, bref dans la mesure où elle répond au désir par le plaisir."

C'est très beau... Oui, mais attendez la fin de son raisonnement car il n'a rien de réjouissant... "Alors quand tant de signes aujourd'hui me paraissent désigner une extinction du désir par l'inévitable aversion que donnent la satiété et la réplétion - signe au premier rang duquel je vois la boulimie consommatrice, l'avidité possessive et l'hyperphagie qui a transformé l'érotisme en triste industrie de la pornographie - , je suis enclin à me dire que le livre va y passer avec le reste et que tôt ou tard les lectrices de votre genre [il s'adresse toujours à Mademoiselle Esperluette ]- n'existeront plus que sur une improbable carte de Tendre." 

Donne-t-il des pistes à sa lectrice pour que la lecture renaisse, un programme de combat à mettre en place ? Non car toutes les pistes lui "paraissent bien vulnérables" quand [il] "considère cette espèce de raz-de-marée mercantile qui, nous submergeant avec ce que nous n'avons pas demandé, nous empêche d'accéder à ce que nous souhaitions mais que nous ne distinguons plus très clairement dans la confusion de nos désirs."

Donc, pas une once d'optimisme concernant le livre ? Si. Une certitude. Une vraie de vraie. Celle-là : "Aussi longtemps qu'il y aura dans ce monde de parvenus, comme disait Guéhenno, des lectrices de votre étoffe [toujours Mademoiselle Machin Chose], il y aura des écrivains qui, sans vous connaître, écriront pour vous." Et de conclure : Il est d'ailleurs là le miracle, dans le fait que l'approbation d'un seul lecteur peut justifier un écrivain, qui ne le connaît pas, d'avoir écrit son livre."

Très juste. Mais d'aucuns, j'en connais, vous diront qu'ils n'ont pas le temps de lire ! Foutaise ! Car hormis dans le cas de la mère de famille très prise par son travail puis, de retour à la maison, par la tenue du foyer et l'éducation des enfants, on trouve toujours le temps de lire.Toujours. "De toute manière, complète Nyssen, ce temps et en particulier le temps de lire, dites-vous bien qu'on ne le trouve pas, on ne le trouve jamais qui, tout à coup disponible, vous attendrait. Le temps, ça se prend ou ça se perd ! [...] C'est un choix à faire dans les priorités que vous vous donnez et dans le comportement que vous avez décidé d'adopter. Oui, voilà bien une autre des conditions dont l'avenir de la lecture dépend : l'attitude à l'endroit du temps."

Vous, vous en avez du temps, rapport à votre situation professionnelle qui vous permet de lire ce que vous souhaitez. Oui, mais j'en ai toujours trouvé pour la lecture, y compris quand je rédigeais en solo un mensuel municipal de 24 pages et que j'avais cinq enfants en bas-âge qui ne m'étaient pas à ce point étrangers que j'eusse pu vivre près d'eux comme un célibataire ! Les gens qui me disent qu'ils n'ont pas eu le temps de lire ceci ou cela, c'est qu'ils ne le veulent pas ! Car... s'il s'agit d'honorer une maîtresse (je pense à certains sauteurs, comme on disait dans le temps), de retaper une pièce de la maison (je pense à certains bricoleurs du dimanche) ou de participer à une chasse (à 50 bornes de chez soi), "l'homme qui n'a pas le temps" en trouve toujours ! L'homme trouve toujours le temps (de faire ce qui l'intéresse). Contrairement à la femme, je veux dire, contrairement à la mère, celle qui ne fait jamais passer son plaisir personnel avant l'éducation de ses enfants. 

D'autre part, le chômeur d'aujourd'hui peut aussi se laisser manger par l'Internet, par les réseaux sociaux, la télévision, les jeux vidéos... Bien sûr ! Et c'est d'ailleurs ce qui se passe pour nombre d'entre eux. Les types restent scotchés devant leur écran et cela d'autant plus facilement que les recherches d'emploi (ou ce qui en tient lieu quand vous avez dépassé un certain âge) se passent sur l'Internet...  Il convient, sur ce point, de se discipliner, d'avoir une certaine idée de soi-même, de son esprit, de la sexualité aussi (n'oublions pas la tentation du porno, très puissante sur la Toile et qui fait des ravages dans certains couples...).

Mais ce n'est pas parce que Big Brother triomphe partout qu'il faut abandonner la partie... Et ne plus s'offrir des séances de lecture pouvant dépasser deux bonnes heures sans regarder le moindre écran...

A ce propos, je vous demande de marquer une pause avant de reprendre la suite de vos lectures d'été, et notamment de biographies concernant, pêle-mêle, des gens aussi différents que Maurice Herzog (vu par sa fille Félicité), Bernadettte Soubirous (vue par Anne Bernet), Gérard Depardieu (vu par lui-même), Soeur Emmanuelle (avec Philippe Asso), "Richie" (alias Richard Descoings, l'ancien patron surpayé et déjanté de Sciences-Po)...  Pause acceptée. On se retrouve demain ou dans les jours à venir. Bonne soirée, Bois-Renard !

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