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90% des Français lisent aux toilettes !

papier.culL'Empire du Bien présente de nombreux désagréments mais il n'interdit pas encore de lire dans le seul endroit de l’habitation situé à l’abri des regards indiscrets, les toilettes… 

Eh oui, les toilettes, les gogues, les vécés et autre « lieu où le roi va seul »  se transforment souvent en cabinet de lecture pour - excusez du peu ! - 90% des Français, qui y passent en moyenne l’équivalent de quatre semaines par an !

 

On lit de tout !

Dans l’ordre nos lectures sont les suivantes : les renseignements inscrits sur les produits ménagers situés près du trône (désodorisants…), les magazines de télévision, les autres journaux et, en dernière position, les livres (brochés ou reliés cuir).

Il faut dire qu’on y au calme, à l’abri des enfants ou de son « âme sœur », qu’il y fait souvent bon et que le lieu est propice à la concentration…

Isabelle Monrozier

Dans un petit livre savoureux, « Où sont les toilettes ? » , Isabelle Monrozier revient, entre autres, sur cet aspect important des vécés, en citant quelques écrivains qui ont osé lui dire qu’ils y passent de longues heures…

« Quitte à perdre quelque chose de soi et à l’abandonner au monde de la matière, écrit-elle, autant lire et prélever quelque chose au monde de la connaissance ! »

Paul Guth

Parmi les témoignages il y a celui du père de la série des « Naïfs », feu Paul Guth, qui, aux gogues, a découvert sous la forme d’un manuscrit, le premier roman de Françoise-Mallet-Jorris, le « Rempart des Béguines »…

« Ma femme Juliette, raconte-t-il, donnait des coups de pied dans la porte du « petit coin » : « Qu’est-ce- que tu fais là-dedans ? Tu n’en sors plus ! - Je lis un chef d’œuvre… » Et de conclure : J’ai réussi à faire éditer ce roman chez Julliard et j’ai gagné de vitesse André Roussin qui l’avait porté chez Gallimard, et qui ne l’avait peut-être pas lu au « petit coin ».

Des propos confirmés, si l’on peut dire, par le grand écrivain américain Henry Miller : « Cela ne porte jamais tort à un grand livre de l’emmener au cabinet. Seuls les petits en souffrent. »

Prix Médicis 1980

Isabelle Monrozier raconte également que certains n’hésitent pas à aménager leurs toilettes en bibliothèque ! Dans « L’Orgie, la Neige », Patrick Grainville évoque un chez lui de « chambres et chiottes empêtrés de rayons, d’étagères »…

« Livres et W.-C. entretenant des relations privilégiées, il était bien naturel que les écrivains s’y intéressent, écrit-elle. Non sans succès puisque ces « bibliovécés » valurent à Jean-Luc Benoziglio le prix Médicis 1980 » pour « Cabinet portrait ».

Le président Poincaré

Ce goût pour la lecture aux tinettes était aussi celui de l’ancien président de la République Raymond Poincaré. Un jour que des journalistes laissaient entendre qu’il gaspillait son temps en jouant à des jeux de société aussi absurdes que les dominos, il répliqua ainsi :

« Ce n’est pas vrai, je suis quelqu’un de très organisé ! La preuve : j’ai lu toute l’histoire du Consulat et de l’Empire d’Adolphe Thiers en 10 volumes au cabinet ! »

Ces réflexions susciteront sans doute deux réactions contraires : d’aucuns garniront de bouquins leurs vécés afin de se cultiver à leurs moments perdus, mais d’autres refuseront d’y laisser traîner le moindre prospectus de peur de voir leurs invités s’y installer…

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