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La tripe sensible mais le coeur sec !

lagrosse.sylvie

Dans la série "la discrimination existe, je l'ai rencontrée", qu'il me soit permis de livrer un petit fait personnel qui me donna l'occasion d'entrer en contact avec Mamie Sloggi...

Lettre à la Halde

Le 28 janvier 2009, j'envoie la lettre suivante à la fameuse Haute Autorité de Lutte contre les Discriminations et pour l'Egalité, la célèbre Halde créée par Jacques Chirac...  ..

Madame,Monsieur,

M’estimant victime d’une discrimination à l’emploi pour des raisons d’opinions politiques, je me permets de saisir votre organisme.

En effet, le 18 novembre 2008, à un mois d’être licencié de la Mairie de Laval suite au changement de majorité (j’étais, depuis 13 ans, le journaliste municipal de l’ancienne équipe), je reçois un coup de téléphone du responsable des vacations de l’IUT de Laval, (appelons-le)  Damien Gloups.

Nouveau à son poste, ce dernier vient d’apprendre que je postulais pour des heures de vacation en communication écrite. J’avais posé ma candidature par téléphone en septembre car j’avais appris que l’IUT recherchait des vacataires dans ce domaine. Le 18 novembre donc, M. Gloups m’informe que ma candidature l’intéresse ; il me parle aussi de la mission (35 heures au second semestre 2009) et m'assure qu’il me rappellera début janvier pour les détail pratiques…

Père de cinq enfants dont la maman a été hospitalisée deux mois et demi cet été suite à un AVC et une opération à cœur ouvert, je suis enchanté de ce coup de fil qui apparaît comme un rayon de soleil dans mon horizon professionnel… Le 19 janvier, n’ayant point de nouvelles, j’envoie un mail à M. Gloups pour lui souhaiter la bonne année et, je l’espère, une fructueuse collaboration entre nous en 2009… Il me répond dans la foulée que, finalement, un ancien vacataire peut faire l’affaire et qu’il espère qu’on pourra travailler ensemble dans les années à venir…

Ayant le sentiment d’avoir été floué (à aucun moment, je le répète, ce Monsieur n’avait évoqué un quelconque concurrent dans l’affaire), je lui réponds illico pour lui dire ma déception. J’ajoute que "des esprits bien informés" m’avaient prévenu que je ne pourrais pas travailler à l’IUT pour raisons politiques (le président de cet établissement n’étant autre que le maire de Laval qui m’a congédié le 15 décembre dernier après 13 ans de service).

Quelques heures plus tard,  M. Gloups me répond la phrase suivante : «  Vue votre réponse cela me conforte dans mon choix de ne pas vous avoir retenu par rapport à un de nos vacataires qui travaillent (sic) déjà depuis trois ans au sein de notre département et dont je suis pleinement satisfait ».

Cette réponse m’a terriblement peiné et donné envie de saisir votre organisme car je suis convaincu d’être victime d’une discrimination à l’emploi pour des raisons d’ordre politique.Je pense que M. Gloups a fait sa « petite enquête » après notre communication téléphonique de novembre 2008 et trouvé une excuse pour m’éloigner à jamais de l’IUT de ma ville natale…Cette déception est d’autant plus dure à vivre que je ne suis encarté dans aucun parti politique…

Habitant Laval et, je le répète, chômeur avec cinq enfants, j’aspire à retrouver du travail dans ma région et déplore que le fait d’avoir bossé pour une municipalité battue en mars dernier m’empêche de décrocher quoi que ce soit dans ma branche (la communication écrite).

Dans l’attente d’une prompte réponse de votre part, je vous prie, Madame, Monsieur, de recevoir l’expression de mes salutations les plus distinguées."

Quand Mamie Sloggi entre en scène

Sitôt cette lettre postée, je décide de contacter l'adjointe municipale chargée de lutter contre les "discriminations". Certes, je ne suis pas de ses amis politiques mais quand même, 1 800 euros par mois, ça justifie certaines demandes...  Je prends donc rendez-vous avec Pudibonde de la Parité et obtient -  après quinze jours d'attente ! - un rendez-vous pour le 10 février 2009. Et là, quelle n'est pas ma surprise de me faire appeler le matin même du rendez-vous tant attendu par la (...) Sylvie en question qui me demande si ledit rendez-vous est réellement justifié, si ce ne sera pas une perte de temps pour une femme aussi occupée qu'elle !

En clair, elle me condamne à une sorte de pré-selection téléphonique, présélection que je refuse évidemment et que je dénonce dès le lendemain dans une lettre où je lui signale que son coup de fil ne manque pas de sel ! J'y exprime, entre autres, un regret :  "Ah, que ne suis-je un illustre inconnu d’origine étrangère [...] Ou un homosexuel [...] Ou encore une personne dont le handicap physique interdit d’accéder à tel bâtiment ouvert au public… Dans ces cas-là, j’imagine que vous n’auriez même pas eu l’idée de me faire passer une sorte de pré-sélection au téléphone !"

J'insiste ensuite sur ma situation de chômeur originaire du cru, qui porte un nom fort commun en Mayenne et qui, de surcroît, essaye tant bien que mal de retrouver, dans sa profession, un travail pour nourrir sa famille de cinq enfants sur un territoire qui est le sien depuis sa naissance…

Je termine en avouant que son mépris des gens m'a choqué et qu'elle appartient à cette catégorie d'individus qui ont, selon la superbe expression de Georges Bernanos,  la tripe sensible mais le cœur sec

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