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Non au fascisme ! (Journal intime)

vieux-chteauEn mars 1998, les cantonales éliminent de l’assemblée départementale deux élus du conseil municipal, l’adjoint au finances Bertrand Spaghetto et le premier-adjoint Jean-Fernand Le Biniou. Si le premier ne fait que perdre une (petite) partie de ses revenus, le second a le moral en berne car ce mandat, arraché à la surprise générale en 1992, était l’une de ses deux activités avec la mairie de Laval où Sénert le surveille comme le lait sur le feu… Une déprime est à craindre qui ne laisse rien augurer de bon pour la suite…

Ce même mois, la France s’offre un nouveau psychodrame à cause des présidents de conseils régionaux élus avec le soutien des voix du FN. Pourquoi évoquer cet épisode qui fit couler beaucoup d'encre et de salive ? Parce que François de Sénert ayant refusé d'hurler avec les loups contre l'un des présidents concernés, son ami Charles Millon (lequel avait permis l’arrivée du 42e régiment dans nos murs), la gauche est venue en nombre le 27 mars perturber la séance du conseil municipal qui devra être interrompue cinq minutes après son ouverture…

Arguant du fait qu'un sujet national n'a point à s'inviter dans un conseil municipal, le maire a refusé de débattre avec le représentant de la faucille et du marteau, Jean Pommier, qui voulait passer la soirée sur les fameuses alliances en général et le cas Millon en particulier. L'autre raison tenait au fait que la tension dans la salle devenait inquiétante car, à l'époque, le public, en surnombre ce soir-là (400 personnes !), se tenait juste derrière les conseillers... On sentait qu’un rien pouvait conduire à un débordement. Personnellement, j'ai beau aimer la provocation, je pense que le maire a eu raison de lever la séance…

Obligé de quitter la salle du conseil avec les élus, je descendis alors le grand escalier de la mairie au milieu des hurlements de la plèbe dénonçant la menace fasciste qui, d'après elle, obscurcissait l'horizon politique de la France. Le fascisme dans notre pays, quelle pitrerie !, pensais-je. Quel Français de bonne foi peut-il réellement croire une seule seconde à une pareille menace ? Il n'empêche que certains manifestants arboraient le visage haineux du type qui vient de perdre à la fois son boulot, sa femme et ses économies...

Cette descente m'a fait songer au climat qui devait régner en 1792 ou 1793 quand des milliers de citoyens applaudissaient le travail de la guillotineEntouré par ces regards haineux qui constituaient une haie d'honneur d'un genre particulier, je me souviens d'avoir glissé à ma voisine, la conseillère Christine Gonzalez, et sur un ton assez fort pour être entendu : « Quand on pense que certains ont un boulot à vie, sont abonnés à Canal Plus et se rendent tous les ans aux sports d’hiver avec leur petite famille ! »

La suite, dans le livre…

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