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Paris (Journal intime)

senequeSi j'aime toujours autant mon métier, je constate que mon contrat n'est toujours pas signé… Et l'argent continue de manquer : en mars 1996, je dois verser 9 000 francs  pour l'assurance maladie avant le 1e avril...  Je m'énerve chaque jour et finis par donner de moi l'image d'un excité toujours prêt à s'enflammer pour un oui ou pour un non ! Ah, j'ai beau jeu de montrer mon petit Sénèque qui ne me quitte jamais (De la brièveté de la vie), je suis –  du lundi au dimanche – le contre-exemple philosophique absolu...

Le 30 mars, l’ouverture des plis pour l’appel d’offres concernant Laval Infos m’attriste car Welcom le lavallois a perdu le marché ! C’est une agence de Volga-Paraître qui l’emporte, Concentré Matignon. Trop chère, beaucoup trop chère, Welcom a répondu comme si elle devait faire ce qu’elle a fait depuis trois numéros -  la maquette des 24 pages - alors que l’appel d’offre précisait que cette maquette devait être fournie à 50%… Un coup de Jarnac de Patrick de Pavarotti, qui savait que ce travail supplémentaire me ferait crier…

Il a gagné et les cris ont démarré avant même l’ouverture des plis sous la présidence de Gilbert Boyard. Je ne sais plus qui m’a informé de ce surcroît de travail venant s’ajouter à la totalité de la rédaction du Laval Infos, du Service Compris, du CCI Infos et du reste… J’éructe une semaine avant le grand jour et demande à voir Cossard, le maire Sénert, la terre entière… Je rédige des notes précises et complètes, menace de faire un scandale, le grand jeu quoi ! Quand j’y pense aujourd'hui : quel imbécile je fus !

La veille de l’ouverture des plis (toujours elle), à une heure tardive, Luc Ducato me téléphone chez moi (téléphone fixe à l'époque) pour me demander de me calmer demain. Il m’explique que ce genre de cérémonie est sérieuse, qu’il y a dans la salle des personnes de la commission de je ne sais plus quoi, bref qu’il est souhaitable que je me taise… Je lui répète que j'en veux à Pavarotti d'avoir rédigé son appel d’offres en sachant que, me moquant des détails administratifs, je n’aurais ni le temps ni l’envie de le lire… 

Le lendemain, juste avant l’appel d’offres, je demande à Gilbert dans les couloirs si, les plis ouverts, on peut, ensuite, renégocier les prix. « Impossible ! me dit-il, car il s’agit d’un contrat de trois ans… » Bref, c’est cuit ! Et je dois accepter le verdict même si, autour de la table, je ne résiste pas au plaisir de lâcher quelques critiques salées contre le travail à distance. « Bientôt vous verrez, on fera l’amour sur l’Internet », ai-je lancé devant Jean-Pierre Cossard qui, en guise de réponse,  m’a fait les gros yeux…

Pavarotti exulte : il a marqué un point, le rab de boulot est pour Bibi…

La suite dans le livre...

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