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Laval sous Victor Boissel

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En 1900, Laval a pour maire un teinturier industriel à la barbe imposante, Victor Boissel (1840-1919).

Agé alors de 60 ans, cet ancien condisciple du Douanier Rousseau fréquente le sénat (1897-1906)  puis la chambre des députés (en 1910).

Petit survol des événements qui rythmèrent la vie lavalloise sous ses mandatures…

 

La chapelle Saint-Julien

En 1900, les Lavallois voient sortir de terre la chapelle de l’hôpital Saint-Julien.

Edifié selon les plans du plus grand architecte lavallois de l’époque, Léopold Ridel, cet édifice de style « romano-byzantin » sera consacré le 17 octobre 1901 par l’évêque de Laval, un chaud partisan du Ralliement des catholiques à la République, Mgr Geay.

 Le Palais de l’Industrie

Situé place de Hercé, le Palais de l’Industrie va, lui, remplacer les Galeries du même nom en 1901 et accueillir les grandes manifestations de la vie locale (foires-expo, concerts, galas de boxe…).

Détruit en 1976 et remplacé par la Salle Polyvalente, ce Palais aurait aujourd’hui beaucoup de succès auprès des touristes, qui aimeraient contempler un vestige de l’exposition universelle de 1900…

Le Stade Lavallois

Le 17 juillet 1902, à l’initiative d’un jeune adjoint technique des Ponts et Chaussées, Joseph Germain, naît une association qui a toujours bon pied bon œil : le Stade Lavallois.

La première discipline sportive pratiquée ? Le football, bien sûr, alors en plein essor (la 1e rencontre internationale aura pour affiche France-Belgique et se soldera par un 3-3. Elle aura lieu en 1904.) 

Le remplaçant de Mgr Geay

Cette même année 1904,  la cathédrale de Laval va changer de clocher donnant aux cartes postales conçues les années précédentes un caractère désuet…

Pour rester dans le domaine religieux signalons, toujours en 1904, la démission forcée de Mgr Geay, que le Gouvernement avait envoyé pour appliquer une politique impopulaire en Mayenne :  celle du Ralliement des catholiques à la République…

Ce départ va priver les Mayennais d’évêque pendant deux ans puisque c’est en 1906, le 18 mars 1906 exactement, que le diocèse de Laval accueille – par des vivats – le remplaçant de Mgr Geay, Mgr Grellier. Très proche de ses paroissiens - conservateurs et, majoritairement hostiles à la République maçonnique -, ce  prélat restera à son poste jusqu’en 1936 !

La mort d’Alfred Jarry

En 1907, en 3e page d’un journal local daté du 6 novembre, il est fait état d’une disparition qui est loin de plonger la ville dans la tristesse : « On annonce la mort inattendue, à l’hôpital de la Charité à Paris, de M. Alfred Jarry, un jeune écrivain, qu’une pièce ironique et caricaturale, Ubu Roi, rendit un instant notoire. Le défunt était originaire de Laval. »

Un instant notoire ? Le journaliste – dont le nom a disparu des mémoires - a singulièrement manqué de pif…

La nouvelle prison

 En mars 1908, construite d’après les plans de l’architecte Léopold Ridel (encore lui !), la nouvelle (et toujours actuelle) prison de Laval ouvre ses portes. L’ayant visité un journaliste de L’Echo de la Mayenne la compare à un « nouveau palais » : « Si la liberté ne manquait pas aux prisonniers, nombre d’excellents ouvriers, voire même de petits rentiers, seraient en vérité tentés d’envier leur sort. »

La mort du Douanier Rousseau

En 1910, un an après Charles Landelle (dont le talent fut récompensé par Louis-Philippe et Napoléon III), un autre peintre né à Laval s’éteint à son tour, Henri Rousseau dit le Douanier, le père de l’art naïf.

Si la Ville a refusé d’acheter – en 1898 – l’une de ses œuvres les plus imposantes (La Bohémienne endormie), elle a conservé sa maison natale qui n’est autre qu’une des tours de la porte Beucheresse….

La visite de Poincaré

Enfin, dernier grand événement suivi par Victor Boissel, le 29 mai 1914, Raymond Poincaré, président de la République, inaugure la nouvelle usine des eaux et avale un verre d’eau ozonée qu’il trouve excellente.

« Il aurait eu bien mauvaise grâce à trouver médiocre une eau qu’il dégustait à l’œil, écrit un journaliste. Et de conclure : S’il devenait contribuable, il changerait sans doute vite d’avis… »

La guerre de 14

Quelques mois plus tard, la fleur au fusil, les Français partent combattre les Allemands… Ce conflit mondial fera, chez nous, 1 310 000 tués ou disparus (10,5% des hommes actifs) auxquels il faut ajouter 1 110 000 blessés graves ce qui, d’après le démographe Alfred Sauvy, équivalait à une perte supplémentaire de 360 000 hommes…

Pour rendre hommage à ses disparus, la Ville fera construire un monument square Foch. Mais c’est le successeur de Boissel à la mairie qui l’inaugurera, Eugène Jamin.

 

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