logotype

CC du 28 septembre 2015 : JC Gruau contre l'installation d'un crématorium à Laval

Lors du conseil communautaire de ce soir, lundi 28 septembre, il a été décidé que Laval aurait, elle aussi, son propre crématorium. Mon petit doigt m’a dit, JC Gruau, que vous avez critiqué vivement cette « avancée ». Pouvez-nous donner - et en exclusivité - l’intégralité de votre intervention. Bien sûr. Et ce d’autant que les media présents ce soir-là (Radio Mayenne, Ouest-France, Le Courrier de la Mayenne, Côté Laval), s'ils en parlent demain ou jeudi, n'aborderont pas les arguments que j'avance contre la crémation… Allez-y ! La voici...

Monsieur le Président, c’est avec une certaine tristesse ou, plus exactement, une tristesse certaine que je constate que vous allez accepter sur le sol lavallois ce que François d’Aubert a toujours refusé quand il siégeait à votre place : l’installation d’un crématorium.

Oh, je sais !, les campagnes de propagande crématiste lancées depuis de nombreuses années par la franc-maçonnerie principalement, ont, si j’ose dire, donné du fruit dans un pays où la déchristianisation avance à un rythme soutenu.

Si j’ai bien compris, nos concitoyens, qui croient de moins en moins à une vie après la mort, seraient déjà 30% à souhaiter disparaître en fumée après leur dernier soupir, 50% dans les grandes villes et, demain, peut-être davantage si, toutefois, la république française demeure une république laïque, ce qui n’a rien d’évident vu la déferlante migratoire que vous autorisez…

Certes, vous allez me répondre que chacun est libre de décider de ses propres funérailles et de choisir la crémation nonobstant la réprobation que lui réservent les trois grandes religions du Livre, à commencer par celle de nos pères, la catholique, celle de l’incarnation qui, quoiqu’elle autorise la crémation depuis 1963, considère le corps, vivant ou mort, comme particulièrement important.

C’est pourquoi, Monsieur le Président, je trouve dommage que ce soit vous, François Zocchetto, catholique pratiquant, qui allez encourager à Laval ce genre de procédé encore rejeté – rappelons-le - par 70% de nos concitoyens, lesquels, comme votre serviteur, n’y voient qu’une accumulation de violences…

  • Violence sur le corps soumis à une chaleur de 1 200 degrés pendant plus d’une heure ;
  • violence faite aux familles qui attendent dans une autre pièce que les cendres de leur proche leur soient rendues dans une urne ;
  • violence de la destruction immédiate d’un corps car l’opération n’est jamais différée de quelques semaines ou de quelques mois pour accompagner le lent processus du deuil ;
  • violence symbolique enfin, car il ne reste rien de l’être aimé, comme s’il n’avait jamais existé…

Mesdames, Messieurs, concernant la mort, je suis comme feu le Président Mitterrand, un grand amateur de cimetières que la multiplication des crématoriums va immanquablement faire disparaître dans les années à venir.

Je suis un amateur de cimetières car, curieusement, chaque fois que je me rends dans l’un d’eux, j’y trouve la vie… J’y trouve la vie en contemplant – non les columbariums, qui me font froid dans le dos – mais les sépultures diverses et variées, toutes ces tombes larges ou étroites, nouvelles ou décrépites, sobres ou surchargées de bibelots, avec des noms de famille joliment gravés, des citations latines parfois, des crucifix le plus souvent, des rappels historiques, des fleurs fraîches ou artificielles…

Ces sépultures qui nous rappellent que nous avons eu des prédécesseurs et que nous ne sommes qu’un des maillons de la chaîne des hommes…  

Au risque de choquer certaines bonnes âmes ici présentes, je trouve nos chers cimetières réconfortants, humains ; celui de Vaufleury bien sûr où reposent plus de Lavallois que la ville n’en compte actuellement ; celui du Père Lachaise aussi pour ne citer que le plus célèbre de Paris où l’on se promène au milieu des écrivains, des poètes, des peintres célèbres… en se racontant l’histoire de notre pays.

Bref, vous l’avez compris Monsieur le Président, je suis un ardent défenseur de l’inhumation traditionnelle et ne veux en aucune façon favoriser un procédé dont le nom – crématorium – reste à jamais associé au four de sinistre mémoire…  

Et alors ? Alors, le conseiller des écologistes, Claude Gourvil, a demandé la parole pour dire qu’il se réjouissait d’une telle initiative qui était dans son programme. Il a dit que cela coûterait moins cher aux citoyens. Je lui ai répondu que c’était dommage de tout ramener à l’argent car la crémation, c’est tout de même une façon sinistre de finir sa présence terrestre.

Personne ne vous a soutenu, y compris parmi les catholiques, genre... qui vous savez et que je ne nommerai pas ? Non. Tout le monde semble avoir plus ou moins accepté le fait de se faire incinérer, d’accélérer le processus de décomposition de sa petite carcasse. C’est assez effrayant, quand on y pense. Mais… peut-on encore aujourd'hui penser en dehors des clous ? Lutter contre l'horrible programme qui se met en place partout : avortement, euthanasie, crématorium, écran plat...

Que du bonheur, non ? L'enfer, oui !

Avez-vous repris ensuite la parole ? Oui, une seule et dernière fois. Quand ce même Gourvil a évoqué je ne sais quel gadget (un bonus à offrir à des sportifs de haut niveau ?) destiné à féliciter ceux qui favorisent la lutte contre le réchauffement climatique, les héros de notre temps...

Que lui avez-vous dit ? J’ai fait remarquer que ce monsieur Propre qui veut lutter contre le « réchauffement climatique » est un chaud partisan du crématorium...

Bonjour la cohérence ! C’est ce que j’ai laissé entendre. Mais évidemment, pas un élu n’a relevé ce point.

Et les autres sujets ? Je vous en fais grâce car ils n’ont donné lieu à aucun débat et auraient pu être présentés par n’importe quelle équipe au pouvoir.

Merci, JC Gruau, on se retrouve la semaine prochaine, après le conseil municipal. Oui, si Dieu nous prête vie, comme dirait Jean-Marie.

2020  Laval et son histoire   globbersthemes joomla templates