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Maire de Laval JC Gruau ne mariera pas les homos

Cette interview complète la précédente en revenant sur les propos tenus par MM. Boyer et Zocchetto dans les Courriers de la Mayenne des 3 et 10 octobre derniers.«JC Gruau, qu’avez-vous pensé de la tirade que le Courrier prête à Boyer et qui sert de titre à son interview : « Je suis là pour servir Laval, pas pour me servir» ? - Elle m’a bien fait rire mais je trouve que c'est de bonne guerre ! Boyer est tout sauf un imbécile et il sait que son côté « je veux tout le plus vite possible » est un défaut que de nombreux électeurs vont lui faire payer le 23 mars...

Les gens savent désormais combien la politique politicienne lui rapporte chaque mois et, compte tenu des résultats obtenus (30% d’augmentation des impôts + changement de population) et du pessimisme ambiant dû, entre autres, à la crise, ils trouvent ça totalement scandaleux. A ce sujet, j’ai lu récemment ce que gagnaient des gens comme Villepin, Sarkozy ou Strauss-Kahn en faisant des conférences pour rentabiliser leur passage aux affaires. Une honte ! On voit bien que tous ces politiciens n’ont qu’une obsession, une seule : le pognon, le pognon et encore le pognon. Toutes proportions gardées, Boyer est de la même lignée que ces gens-là…

Mais si le Système est ainsi, autant qu’ils en profitent, non ? Non. Quand on a servi son pays (je parle pour Sarkozy), quand on a exercé les plus hautes fonctions, on ne rafle pas des centaines de milliers d’euros en évoquant, devant un parterre de privilégiés apatrides, des considérations qui, travaillées, peaufinées, soignées pourraient faire l’objet de livres de référence. Vraiment, j’insiste, je juge cette course au pognon obscène et mal venue.

Mais revenons à Boyer qui fait vraiment figure de petit joueur comparé au trio que vous venez d’évoquer. Pensez-vous que le fait qu’il vienne de la Drôme l’handicape dans la campagne à venir ? Oui. Les gens savent qu’il n’est pas d’ici, que c’est en quelque sorte un « étranger » et cela est assez mal vu par les temps qui courent. Il emploie d’ailleurs un drôle d’argument pour nous convaincre qu’il aime Laval…

Lequel ? Il met sa progéniture en avant ! Il dit : « Moi j’ai choisi de voir mes enfants naître et grandir à Laval. »  Je ne vois pas en quoi ce choix fait de Boyer un Lavallois ! Imaginez-moi dire cela à un journaliste de Pékin (en admettant que mes gamins soient nés dans la capitale du pays de Mao), cela ne ferait pas de moi un Pékinois ! Qu’il le veuille ou non, Boyer n’a pas passé sa jeunesse à Laval et, à ce titre, ne connaît pas la mentalité lavalloise. Il n’a pas connu le Laval que tous les Lavallois de son âge ont connu, le Laval d’il y a trente ans, quarante ans. Il n’a joué ni à l’USL ni au Franc-Archer ni au « Stade » ni à « l’AS Pouet-Pouet » ; il n’a pas été scout, n’a pas participé à la Fête de la Jeunesse, il n’a pas connu le Café de l’Ouest des parents Pottier, la rôtisserie Irvoas, les baraquements du square de Boston, etc.

Il connaît le stade Le Basser tout de même ! Oui, il aime le Stade mais, désolé, il n’a pas connu ce que j’estime être LE grand événement footballistique du siècle passé : la montée du Stade en Première division. Je me souviens de cette époque bénie durant laquelle, adolescent, j’oeuvrais dans les buvettes de Le Basser tenues alors par l’ancien boucher de la rue du Val de Mayenne, Claude Rondeau (que je salue au passage s’il surfe sur le ouèbe, ce que j’ignore totalement). Je me souviens de cette période où les joueurs de football étaient encore des gars du coin (Lamy, Desgages, Bertin…) et ne se prenaient pas pour des stars ! Eh bien, au risque de vous choquer, j’estime qu’avoir connu cette tranche de vie me donne un avantage certain sur ce Monsieur qui a osé dire dernièrement que nous avions aujourd’hui la meilleure équipe de notre histoire ! Il vaut mieux entendre ça que d’être sourd !

Vous ne pouvez pas lui reprocher de ne pas avoir les mêmes souvenirs que vous puisqu’il était Drômois à l’époque…Et de surcroît en culottes courtes quand vous deveniez un jeune homme ! Non, bien sûr. Mais je constate simplement qu’il n’a que des souvenirs politiques à narrer, ceux qu’il a additionnés depuis dix ans avec son mentor et ami, son grand homme et son protecteur, son Guillaumette chéri et adulé. Mais il n’a rien à dire sur Laval concernant la période la plus importante de la vie : la jeunesse, celle où l’on accumule le plus de souvenirs tout en construisant sa personnalité.

Mais Samia Soultani est également dans son cas ? Bien sûr et c’est pourquoi Zocchetto est en première ligne car lui sait pertinemment que les Lavallois prennent également Samia pour une étrangère, une étrangère de qualité, certes, mais une étrangère. Il est vrai qu’elle est moitié française et moitié marocaine, ce qui n’a rien de « vendeur » dans une élection municipale ! Du reste, je ne comprends pas bien comment on peut avoir deux nationalités, c’est quelque chose qui me gêne. Et en cas de guerre entre les deux pays (cela peut arriver !), comment fait-on ? On se bat contre l’un le lundi et contre l’autre le mardi ?

Vous croyez vraiment que des sujets pareils ont un intérêt ? Oui. L’autre jour, j’ai été surpris par une remarque émanant d’un homme que je connais depuis au moins trente ans…

Que vous a-t-il dit ? Il m’a dit : « Quand ils parlent de ta candidature, les gens disent : Lui, l’Gruau, on le connaît, il est d’ici. Comme son père, son grand-père, son arrière-grand-père ! » D’aucuns trouveront ce genre d’argument « ringard » en 2013 mais, moi, je suis persuadé qu’il aura du poids dans l’urne. Du reste, dans son interview, Zocchetto insiste beaucoup sur sa « lavallitude », qui est indéniable, je peux en témoigner : il est vraiment lavallois même si ses racines sont italiennes : Jean, son arrière grand-père, est arrivé du Piémont à Laval en 1892.  

Puisque nous parlons de Zocchetto, n’avez-vous pas été surpris par le fait qu’il ait indiqué dans le Courrier de la Mayenne qu’il marierait des homosexuels mais n’obligerait pas un adjoint à le faire s’il ne le veut pas… Que vous inspire ce choix, et plus largement, que pensez-vous de cette histoire de mariage homosexuel… Personnellement, je n’arrive pas à prendre au sérieux une seconde cette histoire de mariage homosexuel car, pour moi – et des millions de Français – le mariage est une union entre un homme et une femme en vue d’avoir (un ou) plusieurs descendants, de fonder une famille et ce de la manière la plus agréable qui soit... ( sourire ) Bien sûr, il peut y avoir des mariages entre personnes ayant passé l’âge de procréer (c’est le cas de ma mère, qui, veuve, s’est remariée à 65 ans) mais, là encore, il s’agit quand même d’unions qui reposent sur l’altérité et la complémentarité des sexes. Un homme, une femme, point barre.

Aucune évolution possible pour vous sur ce sujet ? Aucune. Jamais. Pensant cela mordicus, j’ai évidemment pris part aux nombreuses et colossales manifestations qui ont essayé, de manière pacifique, d’enterrer le funeste projet de loi relatif au « mariage pour tous ». Avec des centaines de milliers de personnes, j’ai crié dans les rues de Paris - et de Rennes - durant de longues heures : « Taubira, ta loi, on n’en veut pas ! » Avec le sourire, j’ai également repris un slogan que je trouve aussi pertinent que bidonnant : « Hollande, ta mère, est-ce qu’elle s’appelle Robert ! » Car, bien sûr, on ne peut évoquer ce « mariage pour tous » sans évoquer la filiation…

Et c’est ainsi que d’aucuns vous traitent d’«homophobe » ! C’est le cadet de mes soucis ! Si on épluche ce mot, on comprend : phobie = peur de ; homophobe = peur des homosexuels. Pourquoi voudriez-vous que j’aie peur des homosexuels ? A partir du moment où aucun d’eux ne pose sa main sur une partie de mon corps avec le désir de prendre du bon temps, je considère que leur sexualité ne regarde qu’eux-mêmes, ce n’est pas mon problème. Je signale également que j’ai dans ma bibliothèque des œuvres que je chéris bien qu’elles aient été écrites par des homosexuels. Je pense d’autre part que la valeur d’un individu ne tient pas compte de ses penchants sexuels. Cependant, je refuse catégoriquement de mettre sur un même pied d’égalité une union qui peut – et doit – donner la vie et une union qui ne le pourra jamais. Pour conclure, je signale que je connais des homosexuels qui ne veulent pas entendre parler de mariage, qui trouvent ce genre d’union grotesque. Dans leur camp (si j’ose dire), ils sont majoritaires. Dieu merci tous les homos ne ressemblent pas à ce Pierre Bergé de malheur, ce petit milliardaire qui aurait vu d’un bon œil qu’une bombe tombât sur la "manif pour tous" !

Ces choses dites, la loi a été votée et si, demain, maire de Laval on vous demande de jouer les marieurs d’homos… Eh bien, cela ne changera pas mon opinion sur la question ! Je considère contrairement à Jacques Chirac – qui avait théorisé cette question - et aux francs-maçons de toutes obédiences, je considère que la loi morale est au-dessus de la loi civile. Et qu’on ne vienne pas me dire qu’on est anti-républicain parce qu’on refuserait d’unir deux hommes ou deux femmes devant Marianne n°5 ! Etre républicain, c’est aussi faire en sorte d’assurer la continuité de la République en permettant à ses concitoyens de se reproduire et, pour ce faire, il faut un homme et une femme. Et pour ce faire rien ne vaut le mariage !

Vous êtes donc pour la clause de conscience des maires ! Evidemment ! Je ne vois pas pourquoi un maire opposé à cette union contre-nature devrait passer outre sa conscience. Nous sommes en république que je sache, dans un système qui a gravé une formule comprenant le mot Liberté. Liberté de penser mais aussi liberté de conscience. En conscience je ne peux pas marier une paire d’hommes et de femmes, qu’ils s’aiment ou non, cela n’a rien à voir.  

Mais le conseil constitutionnel a statué… Eh bien ce n’est pas ce qu’il a fait de mieux depuis qu’il existe ! En tout cas, cela ne change rien pour moi. Le mariage est un sujet plus sérieux qu’une assemblée de sages qui ne cesse de se discréditer depuis de longues années…

Alors que faire ? Devenir hors la loi ? Et alors ! Hollande, quand il a demandé à Léonarda de revenir en France sans ses parents, n’était-il pas hors la loi alors que la procédure d’exclusion avait été parfaitement légale ? Des hors la loi, il y en a partout en France, à commencer par les « sans papiers » ! Je ne serais ni le premier ni le dernier. Mais sur ce sujet, qu’il me soit permis de citer les propos d’une certaine Béatrice Bourges, responsable du Printemps français : «  Il faut résister sur tous les sujets. Tout d’abord, il ne faut pas lâcher sur la loi Taubira, sinon on fera passer d’autres mesures mortifères pour notre civilisation. Je suis pour la désobéissance civile. Un maire doit accepter d’aller jusqu’à la prison pour ne pas célébrer un mariage si sa conscience le lui impose. »

En prison carrément ! alors que tant de violeurs et de voyous sont en liberté ! Je garde espoir de ne jamais y aller car, comme vous le savez, je suis soutenu par un parti – le FN – dont la présidente – Marine Le Pen – a promis d’abroger la loi si elle venait à accéder au pouvoir. Vu sa cote de popularité, une bonne nouvelle peut intervenir dans ce domaine… En attendant, je ferai comme Marie-Claude Bompard qui, comme vous ne le savez peut-être pas, est maire de Bollène…

Qu’a-t-elle fait ? Afin de refuser de marier une paire de lesbiennes, elle a fait voter à son conseil municipal une délibération stipulant, dans son premier article, que ledit conseil prend acte du fait que le Maire et ses adjoints déclarent vouloir faire acte d’objection de conscience dans leur fonction d'officier d'état-civil et renoncer à leur pouvoir de représentant de l'Etat en la matière. L’article 2 stipule, lui, qu’« afin d’assurer la continuité du service public de l’état-civil de la commune de Bollène le maire et les adjoints revendiquent de monsieur le Préfet l'application de l'article 2122-34 du Code Général des Collectivités Territoriales, et pour cela lui transmettront tout dossier concerné, afin que l'Etat remplisse les obligations auxquelles il est tenu en tant qu'autorité délégante."

Est-ce tout concernant cette courageuse élue ? Non. Pour appuyer ses propos Madame Bompard avait rappelé les paroles – désormais célèbres – de François Hollande au congrès des maires 2012 : « Et il y a toujours la liberté de conscience », des paroles qui lui ont échappé et qu’il a retirées quelques jours après avoir reçu à l’Elysée - et toutes affaires cessantes - une petite brochette de représentants de l’association LGBT. A noter que Madame Bompard a également cité un personnage de la République actuelle, le président de l’assemblée nationale, Claude Bartolone, qui, suite à l’expulsion de la célèbre Léonarda avait déclaré avec des trémolos dans la voix : « Il y a la loi. Mais il y a aussi des valeurs avec lesquelles la Gauche ne saurait transiger. Sous peine de perdre son âme. »

Pensez-vous que Zocchetto pense différemment de vous sur ce thème ? Il faudrait lui poser la question ! Je crois savoir en revanche qu’en tant que président de groupe au Sénat, il n’a pas demandé à ce que le projet de loi soit voté en séance publique. Il avait la possibilité – ainsi que Jean-Claude Gaudin – de le faire et il ne l’a pas fait. Résultat : la loi est passée à quelques voix près, et à main levée ! S’il avait vraiment voulu que cette loi ne passe pas, il aurait pu se mettre en avant et devenir le sauveur du mariage traditionnel…Il est vrai que son « grand homme », le sieur Borloo, a voté pour ce genre d’union. Enfin, connaissant tout cela, j’espère que les opposants au « mariage pour tous » ne se tromperont pas de bulletin le 23 mars prochain…

Ce sera le mot de la fin… Comment, déjà ?

Oui, il ne faut pas fatiguer vos lecteurs si vous souhaitez les avoir comme électeurs ! Et moi qui voulais parler des problèmes de sécurité à Grenoux et de la trahison de la présidente du MPF.

Ce sera pour la prochaine fois. Quand vous voudrez, Monsieur le Marquis, je vous souhaite une bonne fin de semaine. 

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