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Laval sous Jean-François de Hercé

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En 1800, après une jeunesse aventureusel’ayant mené en Angleterre, Jean-François de Hercé revient chez lui, en Mayenne, où il épouse Marie de la Haye de Bellegarde et s’installe au château de La Roche-Pichemer, à Saint-Ouen-des-Vallons, commune dont il devient maire en 1808.

En 1814, par décret impérial, Napoléon le nomme maire de Laval…

 

 

 

Père, Maire, Evêque

 Cette promotion déplaît à ce catholique qui avait longtemps songé à devenir prêtre et dont la vie fut écrite – sous la forme d’une autobiographie - par son arrière petite-fille, Hélène d’Ozouville, sous un titre qui intrigue : Père, Maire, Evêque

Elle lui déplaît cette « promo » car les goûts simples qu’il affiche en toutes circonstances s’accommodent fort bien de « sa » petite mairie de Saint-Ouen-des Vallons (des Oyes, à l’époque). D’où le billet suivant, adressé par un proche : « Que je te plains, O mon ami ! Et que ta dignité entraîne de souci ! Ton obscure mairie de Saint-Ouen-des-Oyes ! Etait bien préférable à tous tes gros bourgeois ! »

Néanmoins, sous la pression de maints notables, Jean-François de Hercé « accepte » la mairie de Laval où il officiera de 1814 à 1829 !

Le Palais de l’Industrie

Pendant ces quinze ans, cet homme qui se rend à la messe chaque jour va lancer plusieurs réalisations auxquelles peu de Lavallois pourraient associer le nom de Hercé bien qu’ils le connaissent tous ; eh oui, ce patronyme orne la plus belle place de leur cité : celle où se trouve, entre autres, l’entrée principale du jardin de La Perrine et sur laquelle « régna », de 1901 à 1977, le Palais de l’Industrie remplacé, André Pinçon regnante, par la salle polyvalente.

Les réalisations en question permirent, dès 1816, de donner du travail aux ouvriers au chômage et à l’urbanisme lavallois de se développer : construction du Pont-Neuf, « jeté sur la Mayenne » et livré au public dès 1824 ; percement de nouvelles rues, création et aménagement de plusieurs places (à commencer par la précitée, qui portera le nom de Hercé dès 1817) ; pose de la première pierre de l’actuel Hôtel-de-Ville en 1827, édification du théâtre municipal entre 1826 et 1830…

Bref, il y eut un Laval avant Hercé et un Laval après…

Thérèse Rondeau

Comme maire, le catholique Hercé ne met pas sa foi sous le boisseau : « Des écoles chrétiennes s’installent et des Frères viennent y enseigner, écrit sa biographe. Timidement d’abord puis comme volées de moineaux… Cisterciens et cisterciennes rouvrirent les monastères abandonnés des Génovéfains… »

Il y eut aussi, en 1821, la naissance d’un refuge pour les « madeleines » de la Ville (pécheresses repentantes), la Miséricorde, rue de Paradis, créé par Thérèse Rondeau devenue, en religion, Mère Thérèse François de Borgia…

Le maire aide également les pères jésuites de Saint-Michel à s’établir dans l’ancien couvent du même nom (et qui sera détruit dans la décennie 1970-1980).

L’étude du sanscrit

Bien remplies les journées de l’édile se partagent entre la mairie (le matin) et la rue (l’après-midi) où, infatigable, il « court les écoles, la Miséricorde, le presbytère et le taudis, le salon et la boutique ». Toujours attiré par les langues étrangères, il apprend le sanscrit… « au milieu des arrêtés et des rapports de police, de vingt parasites qui l’étourdissent et d’un budget qui l’attend… »

Homme d’esprit, il multiplie les bons mots, lesquels ajoutent à sa popularité. Dans une lettre, il avait donné les explications suivantes : « Il est dans ma nature d’être méchant, mais ma méchanceté ne vient jamais du cœur : elle ne tient qu’à l’amour du rire et je me figure que le bon Dieu n’en est pas fâché… »

Le bon Dieu, encore et toujours ! Mais Hercé va s’en rapprocher encore…

Evêque de Nantes

En 1826, peu de temps après le mariage de sa fille avec M. d’Ozouville, sa femme meurt des suites d’une longue maladie. Les deux époux s’étant fait la promesse qu’après le décès d’un des deux, le survivant se donnerait tout à Dieu, Jean-François de Hercé abandonne la mairie de Laval en 1829 et entre au séminaire de Malestroit…

En 1830, à 54 ans, il est ordonné prêtre… Son premier poste ? Curé de la Cathédrale, située à deux pas du Vieux-Château de Laval…

En 1836, il devient évêque-coadjuteur de Nantes puis évêque de cette même ville deux ans plus tard… D’où le titre choisi pour sa biographie écrite en 1985 : Père, Maire, Evêque

 

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