Ma vie de libraire chez Duquesne (XIII) : Macron Président toxique, Michel de Saint-Pierre écrivain tonique...
Cher JCG, je reviens vers vous pour évoquer de nouveau les souvenirs truculents de Pierre Tchernia tirés de Magic Ciné, un livre écrit avec Olivier Barrot qui semble vous avoir beaucoup diverti…
Disons que j’y ai découvert des traits d’esprit qui m’ont séduit. Ils émanent tantôt d’acteurs ou d’animateurs de télévision dont je connais les noms, tantôt d’inconnus que je me réjouis d’avoir découverts. C’est, par exemple, le cas d’un certain Julien Carette (1897-1966), un artiste des années trente que Tchernia admirait au même titre qu’Arletty et Michel Simon. «un petit Parigot malin, touchant, cocasse, qui a disparu tragiquement après avoir tourné cent vingt films».
Comment ça « disparu tragiquement » ?
« Eh bien ce petit lutin aux yeux vifs va un jour devenir impotent, cloué dans un fauteuil roulant d’où il ne pourra plus sortir.»
C’est triste, en effet…
Mais attendez la suite ou, plus exactement, la fin. « Un matin, Ninette [son épouse] va faire son marché, il fume une cigarette, elle tombe sur la couverture qui l’enveloppe et y met le feu. Il ne peut pas bouger et il va mourir carbonisé, comme Jeanne d’Arc, le petit Parigot rigolo qui avait tant de charme.»
Quelle mort horrible !
Dieu merci, sa vie ne l'avait pas été...
« Il était né en 1897 et fit d’abord une belle carrière d'acteur au théâtre, jouant aussi bien l’opérette que le classique. L’arrivée du parlant va mettre sa voix gouailleuse en vedette : il sera l’artiste de La Grande illusion, le chauffeur de la locomotive de La Bête humaine, le braconnier de La Règle du jeu. Trois grands Jean Renoir. »
J’ai vu ces films mais oublié son visage…
Pierre Tchernia évoque principalement son langage pittoresque et, avouons-le, fort peu châtié. Il le croise un jour de 1962 sur les bords de la Seine et le trouve irrité : il est très mécontent des placements boursiers qu’il vient d’effectuer : « A partir de maintenant, lui dit-il, je ne m’occupe plus de mes actions, je m’assois dessus et c’est mon cul qui décide.»
Bien qu’elle soit vulgaire, c’est une belle marque de mépris à l’égard de Mammon…
Autre mot d’esprit, si j’ose dire, signé Carette : « On parle devant lui de ce phénomène physiologique connu qui fait ressentir à une personne amputée d’un membre une démangeaison à cet endroit-là. Louis XVI ! Quelle migraine !, dit-il.»
Pas mal ! Continuez je vous prie…
« Il parlait volontiers de Ninette, son épouse, qu’il avait séduite en la faisant rire. Il l’avait emmenée un dimanche dans une guinguette et avait usé de ruses pour la décider à monter dans une chambre. Elle résiste encore. Il fait très chaud, Carette veut ouvrir le vasistas, il a du mal car il n’est pas très grand (1,61 m), il se hisse sur la pointe des pieds, s'étend, se tortille : Je pousse, je tire, je pète ! … Elle rit !... J’avais gagné ! »
Ce n’est pas très relevé, une fois de plus !
Je vous l’accorde. C’est du « popu graveleux » qui n’élève pas l’âme, aurait dit ma grand-mère maternelle. Mais ça nous détend néanmoins quand on vient, comme votre serviteur, de regarder à l’instant les terribles images concernant les manifestations de violence urbaine qui ont suivi dans certaines rues de la capitale le match Bayern-PSG.
Et ça nous change aussi des discours de papi Mélenchon qui a tellement la frousse d’être supplanté dans les mois à venir par la nouvelle vedette de LFI, Bolly de Saint-Denis…
Se plonger dans des anecdotes de la France d’avant permet d’oublier celle d’à c’t’heure !
C’est un peu ça ! Car l’effondrement se poursuit chaque semaine davantage. La France se meurt sous nos yeux. Et que faisons-nous ?
Que pouvons-nous faire surtout ?
Maintenir nos familles les plus unies possibles, prier, témoigner de la Vérité, faire connaître l’histoire de France quand la démographie ne l’avait pas abandonnée…
Vendre de bons livres..
En attendant, retrouvons un autre personnage que Tchernia vous a fait apprécier ?
Il y a la citation que l’on prête à Louis Jouvet qui répond à l’un de ses élèves lui avouant ne point connaître le trac : Tu verras, quand tu auras du talent… Elle a été placée dans Magic ciné, car Tchernia avait régulièrement le trac, y compris à la fin de sa carrière.
Un autre mot d’auteur ?
Un mot de Jean Yanne, pour lequel j’ai une grande admiration : « Il vaut mieux avoir l’âge de ses artères que l’âge de César Franck ! »
A propos de Jean Yanne, j’imagine que vous vous souvenez du sketch qu’il avait tourné à la télévision justement, pour se moquer de cette dernière.
Bien sûr, cette séquence date de 1964, et il joue le personnage d’Antoine Duval, un Français moyen de 40 ans, d’un mètre soixante-dix, de quatre-vingts kilos, marié, deux enfants, fonctionnaire, qui boit du jus de raisin, du jus de pomme….
Sa conclusion est inoubliable : « Je fais tout ce que la télévision me conseille de faire. Et je m’emmeeeeeerdeeeeee… »
Jean Yanne est toujours très fin. Un autre trait d’esprit dévoilé par Tchernia ?
Un mot de Pierre Dumayet, l’homme qui, avec Lectures pour tous, introduisit la littérature à la télévision : « La forme même des pyramides n’est-elle pas là pour nous prouver qu’en Egypte, comme ailleurs, les ouvriers travaillent de moins en moins ? »
Bien vu !
Bien sûr, il est aussi question de Francis Blanche, l’un des humoristes les plus doués de l’histoire couverte par le livre de souvenirs.
« C’est un homme que j'ai beaucoup admiré, écrit Tchernia, qui a été véritablement le créateur de l’humour radiophonique.” Et ce jusqu’à son dernier souffle, si l’on en croit ce que Pierre Dac lui a raconté : « Quelques instants avant sa mort, Blanche a fait un dernier calembour. Il est dans le coma ; survient une rémission : une infirmière l’aperçoit bouger, elle court chercher l’interne qui vient se pencher sur lui : Monsieur Blanche, comment vous sentez-vous ? - Je me sens avec mon nez, bien sûr ! »
Une dernière anecdote avant de « rendre l’antenne », comme disaient les professionnels du « petit écran »…
Une petite histoire dans laquelle Jean Carmet est mêlé : Lors d’un retour dans son village natal alors que l'acteur se promène au bras de sa mère, icelle aperçoit un passant qui lui dit quelque chose :« Oh regarde là-bas ton professeur, monsieur Chouilloux ! tu te souviens ? Oh oui, il se souvient, c’est même son pire souvenir, un prof hargneux, vindicatif… Jean, va donc lui dire bonjour, il sera tout content de te retrouver.
Carmet traverse la place. La maman attendrie, voit de loin les retrouvailles. Elle regarde le vieux professeur et le jeune homme qui parlent. Puis Carmet revient. Oh c’est bien, ça a dû lui faire quelque chose de te retrouver. - Je crois oui…
Et, au bras de son fils, elle continue sa promenade, heureuse d’avoir été témoin, de loin, de ce dialogue qu’elle n’avait pas entendu et qui dut donner à peu près ceci : Vieux dégueulasse, tu m’as emmerdé quand j’étais au lycée… Maintenant je peux te le dire, t’es une vraie saloperie…»
Commentaire de Tchernia : « ‘J’aime beaucoup cette scène, avec le plan général si attendrissant et le gros plan, véhément et vengeur. »
J’imagine qu’il y a également beaucoup d’anecdotes concernant la télévision française que Tchernia a vu naître et servie dans une ambiance aujourd’hui inimaginable tant la liberté de ton était la norme…
Vous avez raison ! Ce livre fourmille de petits faits vrais qui permettent de mieux comprendre l’importance de « l’étrange lucarne » dans nos vies…
En voici une relative aux années 50 : « Ces années-là sont des années émouvantes, si je puis dire. C’est le début de l’époque où les enfants qui dessinent des maisons avec une porte et quatre fenêtres se mettent à planter un râteau dans le toit, puisque les antennes de télévision avaient cette forme. A cette époque, j’ai entendu à plusieurs reprises des enfants me dire : Tu me reconnais . Tu me vois à la télé, comme si la retransmission était réversible. Cette naïveté a vite disparu. »
Pierre Tchernia évoque un fait historique qui s’est tenu en Angleterre et partout où Dame télévision avait un pied, un fait historique qui peut être considéré comme « le véritable acte de naissance de la télévision chez nous » : « le couronnement de la reine Elisabeth, le 2 juin 1953», qui «révéla la force de la télévision. Ce jour-là, les spectateurs (réduits aux émetteurs de Paris et de Lille) ont compris, à l’occasion d’un spectacle émouvant, magnifique et exceptionnel, que la télévision, c’était l’occasion de voir ICI ce qui se passait LA-BAS au même instant.»
Puis « les habitudes se sont installées. Le poste dans le salon, la cuisine, la salle à manger… Marcel Pagnol, qui avait une vraie vie de famille, m’a dit: Chez nous, on dînait autour d’une grande table. Maintenant qu’on regarde la télé, on s’est assis du même côté, comme dans La Cène de Léonard de Vinci.»
Quand on mesure le rôle ô combien délétère de la télé aujourd’hui, les fausses nouvelles liées à la propagande mondialiste catapultées chaque jour, on a envie de s’arracher les cheveux ! Mais comme il s’agit d’une remarque de Marcel Pagnol, talentueux mémorialiste, grand cinéaste, excellent dramaturge et, entre autres, savoureux romancier, on s’abstiendra de tout commentaire négatif.
Car on doit reconnaître qu’il y eut, au commencement de son ère, une saine télévision qui n’a plus grand chose à voir avec celle d’aujourd’hui…
Et Pierre Tchernia était à cent coudées de cet abruti d’Arthur (qu’il complimente pourtant dans son livre, sans doute parce que ce dernier l’a invité dans son émission Les enfants de la télé) et de Cyril Hanouna…
Un autre ouvrage, cher JCG ?
J’ai lu la semaine dernière Macron Le président toxique…
Qu’en penser ?
Si le titre de cette biographie est plutôt bien choisi (Macron est bel et bien un président toxique : pour Le Robert, petit rappel, toxique signifie « qui a une influence nocive, pernicieuse ») ; en revanche le sous-titre est loin de tenir ses promesses et relève de l'accroche commerciale : Enquête sur le véritable Emmanuel Macron.
Car concernant les ressorts psychologiques du « psychopathe poudré » je m’en tiens à ce qu’a écrit Xavier Poussard dans les Faits & documents que je lisais quand j’étais encore chez mon ancien employeur, entre 2017 et 2022.
Mon opinion sur Macron est faite depuis cette période. Et je dois vous avouer que je n’ai aucune considération ni pour lui, ni pour sa femme (ou prétendue telle), ni pour ses ministres, ni pour tous ceux qui le défendent ou l’ont défendu.
Il nous a été imposé en 2017 et je déplore moi aussi cet état de fait.
Dans une société digne de ce nom, aucun olibrius de son espèce ne pourrait exercer un poste de responsable politique important. Mais je tempèrerai cet avis par le fait qu’il n’est qu’un pion du Système, une marionnette conçue, élevée, « élue » pour terminer le travail de ses prédécesseurs, j’y reviens, et faire disparaître la France.
N’oublions pas que celui qui a fait progressé la dette de notre pays dans des proportions incroyablement élevées nous fut présenté comme le « Mozart de la finance »…
A ce propos, un humoriste anonyme nous indiquait récemment sur X que, grâce à Macron, tu mets de l’essence pour aller travailler et tu travailles pour mettre de l’essence…
Cela rejoint la phrase célèbre de l’infâme Klaus Schwab : « Tu ne posséderas rien mais tu seras (quand même) heureux… »
Tout est prévu, convenu, préparé pour nous enchaîner, nous pourrir la vie même s'il peut toujours y avoir des ratages dans leur plan destiné à mettre en place un gouvernement mondial...
Ne me dites pas qu'ils laissent la dette exploser parce qu'ils sont incompétents !
Ne me dites pas qu'ils laissent nos hôpitaux se dégrader parce qu'ils sont incompétents !
Ils savent très bien ce qu'ils font, c'est évident !
Tel que je vous connais vous avez dû vous forcer quelque peu pour lire de la première à la dernière ligne un ouvrage sur Macron comportant 553 pages…
Oui,
Alors pourquoi un tel exercice ?
Pour des raisons professionnelles d’abord, je vends des livres et dois en connaître le plus possible. J'ai lu celui-là afin d'y trouver des informations concernant ce personnage que j’ai découvert dans la grande salle du théâtre de Laval, en juillet 2016.
Tiens donc !
Alors ministre de l’économie et du numérique, il était venu faire un numéro de charme dans le cadre d’une opération de propagande politicienne baptisée French touch. Son discours était convenu et m’avait laissé indifférent. Je l’avais approché ensuite dans le jardin de la préfecture où avait lieu un petit raout payé par les contribuables. Rien de ce qu’il a dit ne m’a permis de deviner 1°) qu’il serait un jour président et 2°) qu’il susciterait un tel rejet chez les gens qui aiment la France, les femmes, les choses simples, la vie quoi !.
J’ai le souvenir d’un jeune homme qui présentait mieux que son patron de l’époque, Hollande, le plouc qui ne savait pas faire ses noeuds de cravate. Il avait meilleure allure, certes, mais, comme on dit chez nous, il ne cassait pas trois pattes à un canard…
Depuis, comme nombre de Français, je le subis. Lui et son épouvantail qui lui tient lieu de môman...
Ce livre vous a-t-il intéressé ?
J’ai regretté que le livre n’évoque pas ses parents. Qui sont-ils ? Comment ont-ils vécu l'histoire d’amour de leur fils avec sa prof de théâtre ? Et son frère ? Et sa soeur ? elle bat le beurre ?
Il n’y a rien sur ces sujets ô combien importants. Rien sur Brigitte non plus, qui le tient en laisse depuis qu’il a 14 ans..
C’est un sujet tabou, visiblement.
Pourquoi n’a-t-il pas épousé une femme de son âge ? Pourquoi ne voulait-il pas avoir d‘enfants ? Est-il de la jaquette ?
Rien non plus concernant les Rothschild auxquels il semble inféodé. Rien concernant certains types pour le moins douteux qu'on a eus sous les yeux pendant ces dix dernières années, contraints et forcés : Castaner, Benalla…
Rien sur la bêtise de Casteix, qui cherche ses lunettes alors qu'il les a sur la tête, etc.
Autant de questions et de portraits qu’un biographe digne de ce nom ne peut passer sous silence quand il a pris Macron comme objet d’étude…
Peut-être qu’il s’agit de sujets dangereux…
Pour moi Macron est une sorte de monstre qui a été, en quelque sorte, fabriqué mentalement, psychologiquement, pour se retrouver au poste qu’il occupe, un poste que les mondialistes lui ont offert. Souvenez-vous du retrait précipité de Fillon, du jour au lendemain. Et le Sarthois n’a pas moufté, allant même jusqu’à demander à ses électeurs de voter Macron !
Il a été clairement bombardé à l’Elysée pour accélérer la chute de notre pays. Et, reconnaissons que, dans ce domaine, il est éblouissant !
Ce livre m’a rappelé celui écrit par les deux journalistes du Monde, Lhomme et Davet, Le traître et le néant, que j’avais lu en son temps. Mon but était surtout de découvrir l’entourage de Macron. Car, je le répète, pour connaître sa véritable personnalité, ses origines familiales, ses liens avec sa vieille maîtresse, etc. tout ce qui est intéressant sur le plan psychologique et qui explique en partie l’éclosion politique de ce monsieur, je ne pense pas qu’un journaliste du Système, hier les deux compères du Monde et aujourd’hui le sieur Campion de Mariane, puisse nous éclairer…
J’ai trouvé néanmoins dans ce livre des choses intéressantes sur la manière dont Macron choisit et élimine les personnes qui, séduites par un charisme auquel je demeure insensible, ont accepté de faire un bout de chemin politique avec lui. Il s’en sépare sans jamais avoir le courage de leur annoncer en face leur disgrâce.
Macron a nommé 181 ministres depuis son arrivée au pouvoir en 2017.
Oui, et c'est un record absolu ! Et certains restent si peu de temps qu'on n'a même pas le temps de retenir leurs noms...
Quelques extraits avant de passer à un personnage plus intéressant…
Le journaliste évoque le grand défenseur de l’euthanasie (sauf pour sa pomme), Jacques Attali, que l’on subit lui aussi sans avoir la moindre chance de lui couper le robinet des merdias… Ce triste sire qui a dit, entre autres monstruosités, qu’un homme passé 65/67 ans représentait un tel coût pour la société qu’il était préférable de le liquider purement et simplement.
Un partisan de la « solution finale », en quelque sorte.
Oui, on peut le dire ainsi, car il a clairement souhaité la mort de millions de Français. Mais, et le livre en témoigne, ce crâne d’oeuf qui souhaite la constitution du Grand Israël avec un troisième temple à Jérusalem pour dominer le monde, ce personnage hautain, puant de suffisance, aussi laid que méprisant à l’égard des goyim, n’a pas nécessairement une grande idée du petit monstre politique qu’il a créé…
Je vous écoute
« Aujourd’hui Attali reste tout de même agacé à l’idée de parler de Macron. Il nous a même raccroché au nez. La fierté égotique d’avoir fait naître un président a, chez lui, laissé place à un brin de culpabilité. Surtout depuis la dissolution de l’Assemblée nationale. Et puis celui qui est obsédé par le temps qui passe au point d’avoir une pièce remplie de sabliers chez lui voit justement le temps de la vie le rattraper. Et le pouvoir, cette fois, lui échapper. »
Bon débarras !
Une autre citation émanant d’un autre parasite du même acabit, encore un de ces “intouchables” du Système, Alain Minc, lequel démontre qu’il ne dit pas que des bêtises quand il évoque Macron…
« La clé pour comprendre Macron est le narcissisme. Il méprise 75% des gens et jalouse les 25% restants. Il ne peut être qu’un mauvais DRH car il n’a pas besoin des autres, dans la contradiction. Un égocentrique a besoin des autres pour avoir la jouissance de les ramener à lui, un narcissique n’a besoin de personne. Il ne supporte pas l’autonomie et n’est pas reconnaissant.»
Une dernière citation ?
Les deux dernières phrases de cet ouvrage qui compte 553 pages.
Ce sont mes préférées : « A quelle vitesse son nom s’évaporera-t-il des mémoires humaines ? A moins que l’on veuille croire qu’il a sublimé les colères françaises, qu’il a enrichi le drame, nourri le récit et façonné à sa façon l’histoire du pays, il eût sans doute été préférable, pour la France comme pour lui-même, qu’il ne fût jamais monté sur scène.»
Je suis d’accord… Passons à un autre titre, pour conclure…
J’ai achevé dernièrement une biographie que nous vendons depuis quelques semaines et qui relate la vie bien chargée d’un auteur français que j’apprécie au point d’avoir lu plusieurs de ses ouvrages : Michel de Saint Pierre (1916-1987). Des romans, principalement - Les nouveaux prêtres, Les écrivains, Les nouveaux aristocrates, La passion de l’abbé Delance - déjà évoqués longuement avec vous, cher Bois-Renard.
Mais j’ai également lu Les murmures de Satan, Saint-Colère, Le Milliardaire…
Est-ce un auteur connu ?
Oui et non. Disons que c’est un auteur typé et également daté, que ceux qui n’ont pas vécu les années 60, 70 et 80 du siècle dernier ne découvriront jamais s’ils n’ont pas l’occasion de fréquenter la bibliothèque d’un « réac de droite » ayant connu certains combats post-conciliaires (l’abandon de la messe tridentine), le drame que constitua l’abandon de l’Algérie français (les souffrances des pieds-noirs), les années où l’extrême-droite française pouvait réunir ses militants dans une cabine téléphonique !
Quel est l’auteur de cette biographie parue, si j’ai bonne mémoire, chez Via Romana ?
Un avocat qui écrit beaucoup, Thierry Bouclier, déjà auteur d’une biographie d’un ténor de l’extrême-droite des années 60, Jean-Louis Tixier-Vignancourt, un ténor du barreau qui revient plusieurs fois dans la bio de Michel de Saint Pierre et qui fut candidat à l’élection présidentielle de 1965. Un candidat désastreux à la télé et que Françoise Giroud avait ainsi décrit : « Il est venu nous parler d’Henri IV avec la tête de Ravaillac. »
Quelques extraits concernant cette biographie…
Lors de l’éloge funèbre de MSP, le futur Mgr Wach [qui appartient à la Communauté du Christ-Roi] déclara que le disparu « fut vraiment un serviteur de l’Eglise et un défenseur de la foi. Il a toujours eu conscience d’appartenir à la grande lignée des écrivains catholiques : Léon Bloy, Charles Péguy, Georges Bernanos, Jean de La Varende. Il appartient à la pléiade de ceux qui se sont engagés jusqu’au bout de leur foi. Il mit tous ses talents, son éloquence, sa notoriété, sa plume au service de la foi. Certes Léon Bloy, Péguy et les autres surent pressentir le drame qui allait se jouer au sein de l’Eglise même, mais ils ne le vécurent pas; Michel de Saint Pierre, lui, a vécu dans son intime le déchirement de l’Eglise et il a été l’un des premiers à dénoncer cette tragédie dans son roman Les Nouveaux prêtres, diffusé dans toute la chrétienté. Roman qui alerta Rome face aux dangers menaçants, roman prophétique, roman qui lui valut, certes des critiques, mais aussi et surtout la bienveillance et l’admiration de plusieurs cardinaux romains.»
On en revient toujours à ses Nouveaux prêtres…
« Ce livre a fait date et suscité également d’innombrables critiques émanant d’un certain clergé. MSP a voulu lancer un appel au secours contre l’infiltration marxiste dans le progressisme chrétien. Il a souhaité dénoncer l’étrange complicité dont de nombreux prêtres - consciemment ou inconsciemment - se rendent coupables à l’égard du marxisme. Il a entendu montrer que s’il faut dialoguer avec tous les hommes, il ne faut jamais s’entretenir avec l’erreur. Et qu’à la base de tous les dialogues des chrétiens, il doit y avoir la présence de Dieu et de son message évangélique. Il a voulu dire qu’un prêtre doit être à la fois présent au monde et séparé de lui - offert à tous sans exception, mais que jamais il ne doit se laisser engluer par un engagement temporel [...] »
Je crois me souvenir que vous avez apprécié ce livre…
Bien sûr ! Mais j’ai encore préféré La Passion de l’abbé Delance, la suite en quelque sorte, que Bouclier décrit ainsi : « Un livre passionnant, au style poétique, donnant le sentiment au lecteur d’assister aux office s mystiques d’un abbé en marche sur le chemin de la sainteté.»
Il a également écrit un roman concernant Israël ?
Oui : Je reviendrai sur les ailes de l'aigle.
Il était très proche de ce pays mais cela ne l’empêchait pas, comme le note Bouclier, de «rappeler la doctrine catholique traditionnelle sur la religion juive : comment ose-t-on rapprocher le Dieu que nous adorons avec celui des Juifs , ou avec celui des musulmans ? Sous prétexte de monothéisme que ne dira-t-on pas ? Je crois que nous sommes, en effet, tout prêt d’entendre que musulmans et chrétiens ont, eux aussi, foi en un même Dieu. |...] Or le Dieu des Juifs, c’est évident, n’est pas le nôtre. Il faut voir avec quelle opiniâtreté farouche les théologiens juifs affirment que le Messie n’est pas encore venu - et que le Christ n'était donc qu’un prophète parmi les autres. A partir du moment où le Dieu trinitaire est effacé, à partir du moment où la personne du Christ n’est plus divine, il ne peut s’agir entre chrétiens et juifs du même Dieu Et je le répète : la spiritualité juive est non seulement contraire mais terriblement hostile à la spiritualité chrétienne, surtout pour ce qui touche le Christ et sa mère. En ce qui concerne les musulmans je n’ai pas besoin d'insister. Pour qui a lu le Coran de première ou seconde main, comment la confusion serait-elle possible ? »
Et Bouclier de conclure ;
« Si l'amitié avec les juifs et les musulmans est à la fois possible et souhaitable elle ne peut qu'exclure pour être féconde et sincère toute forme de relativisme et de syncrétisme. MSP, par ses sentiments et son attitude, exempts de tout sectarisme, nous rappelle que les relations humaines doivent toujours être fondées sur la vérité.»
C’est excellent et je vous propose de nous quitter sur cette dernière phrase…
Cela me convient. A bientôt Bois-Renard !
