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Conseil du 23 juin (2) : JC Gruau évoque Mère Teresa

JC Gruau, le 23 juin dernier, le maire a fait voter le nouveau règlement intérieur du conseil municipal, lequel règlement a suscité deux critiques de votre part… Vous avez tout à fait raison. Ma première critique concerne les dix jours de délai obligatoires afin qu’une question orale puisse être acceptée par le maire. Je trouve ce délai trop long et parfois, malvenu car il peut arriver qu’un sujet, une préoccupation d’ordre général intervienne dans le débat municipal moins de dix jours avant la tenue d’un conseil, justifiant ainsi une question lors de ce même conseil. Avec le nouveau règlement intérieur, ce sera chose impossible. Permettez-moi de penser que cela est dommage car le conseil municipal est aussi l’endroit où certains sujets peuvent – et doivent - être abordés publiquement…

Votre seconde critique porte sur le fait que les questions autorisées ne seront désormais traitées qu’en fin de séance - lors d’une séquence ne pouvant excéder trente minutes. Même si je comprends que le maire ne souhaite pas que les questions émanant de l'opposition s’éternisent,  je trouve regrettable que cet échange ait lieu désormais à l’heure où la plupart des élus ont envie de décamper ! En clair, il n’y a pas le même « bouillonnement » en fin de séance qu’au début. Et si un sujet pose problème, le public souhaitera en entendre parler dans les premières minutes du conseil…  

Vous pensez que cela risque d’éloigner certains citoyens de la politique ? Oui, ceux qui, à juste titre, considèrent que le débat politique peut parfois donner lieu à des échanges un peu vifs. Je pense en effet que la vie politique, c’est le conflit, même si, aujourd’hui, c’est plutôt l’ennui et le flicage sémantique, nous en avons eu une démonstration récemment avec le terme de fournée…

Le problème du local de l’opposition – ou plus exactement des locaux de l’opposition – a également été posé. Tout semble réglé, non ?  Oui et François Zocchetto, il faut lui rendre cette justice, a clairement indiqué que la gauche avait refusé que les deux équipes de l’opposition partageassent les mêmes locaux et la même secrétaire ! Une fois de plus, la gauche moralisatrice et donneuse de leçons de morale a su faire preuve de tolérance et d’ouverture d’esprit !    

Résultat : vous aurez droit à un bureau dans la rue du Val-de-Mayenne, rue dans laquelle votre mère a vu le jour et votre grand-père longtemps tenu une quincaillerie… Oui,  je me suis surpris à évoquer cet aspect personnel qui – je le concède - n’intéresse personne. Mais l’incroyable dans cette affaire est – je le répète - le refus haineux de la gauche de partager avec votre serviteur des locaux qui appartiennent à la collectivité !

Ils ne peuvent vraiment pas vous voir en peinture ! C’est l’impression que je ressens. Mais je crois surtout qu’ils ne se sont toujours pas remis de mon élection et du fait que désormais, à chaque conseil, je suis à leur côté ! Disons : leur plus proche voisin. Côté droit…

J’ai, moi, l’impression qu’ils vous prennent pour le diable, un type infréquentable !  Oui,  peut-être, je n’en sais rien et, pour tout vous dire, je m’en moque car aucun ne ces « confrères » ne m’intéresse. Nous avons des points de vue diamétralement opposés sur tous les sujets et j’avoue que, hormis notre appartenance à l’espèce humaine, nous n’avons rien en commun. Rien. 

L’avantage de cette situation est que vous êtes condamné à être studieux durant tout le conseil… Ah ça, oui !, studieux de la première à la dernière minute, et silencieux surtout ! C’est quelque chose de nouveau pour moi, qui ai toujours aimé le contact humain, discuté avec ma voisine… Au conseil, tout échange m’est interdit.

Est-ce pénible ? J’ai intégré le fait de vivre en milieu politiquement hostile, d’avoir des voisins à qui je ne peux rien dire, rien demander, rien avouer. En clair, je me suis habitué à cette situation qu’aucun autre conseiller ne vit. Mais je ne la souhaite à personne quand même !

Chose étonnante, je vous ai entendu féliciter monsieur le maire concernant le nom d’une allée que la Ville a attribué à Mère Teresa. C’est exact. Pour la mère Teresa et le père Joseph Wresinski. J’en ai profité pour dire au maire que, connaissant son attachement à la religion catholique, ces choix ne me surprenaient pas.

Mais vous avez quand même demandé quelque chose… Oui, que la plaque pour l’allée Mère Teresa soit plus grande que les autres afin que les services municipaux puissent y graver sous son nom de future sainte une phrase de son cru, quelques mots tout simples prononcés lors de sa remise du prix Nobel de la Paix à Oslo en 1979 ; une phrase qui fera l’unanimité parmi toutes les religions présentes dans notre cité…

Quelle est cette phrase ?  « Le plus grand destructeur de la paix aujourd’hui  c’est le crime contre l’enfant à naître. »

J’ai senti subitement comme un malaise dans la salle… Les gens ont dû croire que vous les provoquiez ? Je l’ignore mais deux conseillers de l’opposition se sont alors abstenus au moment de passer au vote : MM. Kiessling et Gourvil, lequel veut bien sauver des pucerons et autres bestioles chères aux écologistes mais, visiblement, pas des embryons si j’en crois son refus de voter pour la religieuse de Calcutta. C'est ce que j'ai pensé.

Enfin cette allusion à l’avortement, avouez que cela sent la provocation…  Je ne crois pas car il est évident que la Mère Teresa est aussi une grande dame parce que jamais – contrairement aux curés français d’aujourd’hui (et d’hier, je parle de ceux des quarante dernières années) – elle n’a jamais accepté de cautionner l’avortement.

Et vous trouvez cela bien, normal, juste ? Bien sûr puisque Mère Teresa est catholique ! Les juifs et les musulmans sont également d’accord sur le sujet, demandez-leur ! Je ne vois pas ce que cela a de choquant. Ce qui l’est, choquant, c’est de constater que, chaque année, dans un pays comme la France, plus de 200 000 femmes avortent au frais de la princesse, si j’ose dire. Cela déplaisait souverainement à Mère Teresa qui n’était pas sur terre pour dire ce que les autres disent…

Enfin, je peux vous dire que certains conseillers ont tiqué… Tant mieux ! Il est bon de ne pas laisser les gens indifférents, de les provoquer parfois... C’est ainsi que l’on avance, comme dit l’autre. Et un élu d’opposition se doit de dire certaines choses que le gros du troupeau ne dira jamais. C'est son rôle sinon il serait... dans la majorité !  

En revanche, vous avez refusé de voter pour une plaque concernant le "saint laïc" Albert Jacquard. Ah ça, oui ! car je me suis renseigné sur ce "Mélenchoniste"  qui vient tout juste de nous quitter et qui, à ma connaissance, n’avait aucune attache avec Laval. Je pense qu’il s’agit d’une fausse valeur, d’un personnage jadis fort médiatisé de par ses engagements du côté gauche de l’échiquier. Je crois qu’on n’en parlera plus dans quinze ans. Pour information, il avait quand même reçu le prix Lyssenko pour l’ensemble de son œuvre par le club de l’Horloge en 1990… Ce n'est pas un compliment !

Mon petit doigt me dit que de nombreux conseillers municipaux appréciaient le personnage et ses combats, notamment celui en faveur du logement des déshérités originaires des pays étrangers… Je sais qu’il était président d’honneur de Droit Au Logement (D.A.L.) et que certains hommes de gauche autour de cette table ont à cœur de lui rendre hommage, ce que je comprends mais alors, dans ce cas, il y a une méthode beaucoup plus simple et beaucoup plus efficace qu’une plaque de rue…

A oui, laquelle ? Par des travaux pratiques que Jacquard aurait adorés : en laissant aux étrangers qui débarquent chez nous les pièces de leur habitation dont ils n’ont pas l’usage ! En voilà-une-idée-qu’elle-serait bonne, non ? Et qui présenterait un autre avantage : montrer à tous les rêveurs du type Jacquard que la cohabitation avec certaines « nationalités » peut rapidement virer au cauchemar... pour les souchiens, bien sûr !

Ces choses dites, les articles dans la presse ont été bien décevants, non ? Disons que les journalistes de Ouest-France et du Courrier n’ont aucune raison d’évoquer des thèmes qui me sont chers… Aucune raison de laisser croire à leurs lecteurs qu’un opposant à 30 euros par mois soutenu par le FN peut prendre à cœur son « travail » d’opposant en intervenant une dizaine de fois sur des sujets aussi importants que le gaspillage de l’argent public et le choix de Mère Teresa pour baptiser une rue.

Ils n’ont point parlé de ces dépenses le lendemain ? Non, mais Ouest-France s’est, si j’ose dire, rattrapé le surlendemain en évoquant les 43 500 euros gaspillés en pure perte lors de cette séance (ils ont oublié 500 euros mais je ne leur en veux pas !). Et le Courrier, lui, s’est contenté d’évoquer ma critique concernant les questions orales (en commettant une erreur que je lui pardonne : je n’ai jamais dit que Zocchetto représentait l’ennui comme il est écrit mais que la politique telle qu’elle se pratique aujourd’hui, c’est l’ennui, nuance).

Un regret ? Oui, celui de voir que Le Courrier de la Mayenne – naguère si catholique - ne s’intéresse plus vraiment aux questions liées au christianisme, qu’il a abandonné ce sujet sauf pour passer des photos du pèlerinage de Lourdes ou des messes de Pontmain afin de vendre du papier. Au temps de Louis de Guébriant, il y aurait eu un « papier » sur mon intervention concernant Mère Teresa alors qu’aujourd’hui, fifils regnante, les journalistes se moquent de cette grande dame comme de leur premier portable.

Ils collent à leur lectorat modernisé et inculte dans le domaine religieux… Oui. Le journaliste m’a d’ailleurs dit que les plaques de rue, ce n’était pas important ! Je pense le contraire. Choisir untel plutôt qu'untel pour une plaque de rue en dit long sur la mentalité de notre époque, les grands thèmes porteurs… Du reste, je me souviens, quand je tenais Laval Infos d’avoir consacré un C’était Laval entier à une séance du conseil municipal sous Le Basser durant laquelle l’adjoint Jules Trohel expliquait le pourquoi de tel nom de rue. C’était la grande époque : celle où les nombre d’élus étaient férus de culture et s’intéressaient aux grands hommes. Maintenant on voit bien que ce sont les Borde et les Richefou qui mènent le bal avec leurs grues et leurs pelleteuses… Il faut faire tourner les entreprises, faire marcher le business…

O tempora O mores ! Eh oui, mon petit monsieur, tout fout le camp ! (rires) Et le comte de Guébriant est mort et enterré. Il ne reviendra pas.  

Mais – Dieu merci pour tous les amateurs de « franchitudes » et de « vieilleries » vous êtes encore là, cher JC Gruau pour dénoncer certaines choses, évoquer le passé qui, chez vous, ne passe pas, ne passera jamais… Rappeler certaines permanences, que l’UMP, le MPF et l’UDI ont totalement oubliées… Il est vrai que le MPF n’existe plus surtout depuis que Philippe de Villiers a donné l’accolade à Chauprade (FN) pour les Européennes. Quant à l’UMP, chacun sait que ce parti ne s’est jamais intéressé qu’au pognon !  Et je ne parle même pas de l’UDI et de son européisme arthuisien aussi fadasse qu’ennuyeux (pour rester poli).

C’est vrai que tout cela n’est pas brillant ! Il est vrai qu’avec le Pingouin qui nous tient lieu de Président, c’est difficile de redonner à la politique des lettres de noblesse. Et de pousser des jeunes à gravir les échelons pour atteindre les sommets. Quel homme de qualité peut avoir envie de ressembler à Hollande, à Désir, à Sarkozy, à tous ceux qui, pour la sauvegarde de leurs intérêts personnels, ont plongé le pays dans la mouise actuelle…

Tout cela est vrai mais l’heure tourne, cher JCG. Nous en reparlerons un autre jour. Quand vous le souhaitez cher Bois-Renard, quand vous le souhaitez. C'est toujours un plaisir de converser avec vous... 

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