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Amis lecteurs, tous aux Journées chouannes de Chiré les 5 et 6 septembre prochains !

Cher JCG, je vous ai entendu sur Radio Courtoisie le mercredi 22 juillet dans l’émission de Benoît Mancheron nous inviter à participer aux 56e Journées chouannes que la maison Chiré organise chez elle, dans le Poitou, les 5 et 6 septembre prochains. 

 

L’éditeur de Via Romana et ancien libraire (il a travaillé chez Duquesne Diffusion pendant de longues années), le sympathique Benoît Mancheron, m’a en effet permis de vanter ce grand rendez-vous d’amitié française. Mais avant d’en dévoiler le programme (qui n’est pas encore définitif à l’heure où je vous parle), je suis revenu sur la période 1966-2026, sur ces 60 années de combat contre-révolutionnaire que Chiré a menées - et continue de mener - pour défendre les valeurs de la France catholique..

 

La naissance de Chiré date donc de 1966…

 

La librairie par correspondance Chiré, connue initialement sous le nom de la Diffusion de la Pensée française (DPF), a été créée par Jean Auguy, le beau-père de l’actuel directeur, François-Xavier d’Hautefeuille, en mars 1966 - pendant les Trente Glorieuses. 1966, «L’année des cheveux longs et de la minijupe», si l'on en croit le journal rétrospectif des Actualités françaises, le 27 décembre 1966.

 

A l’époque, la France est en pleine croissance économique et sa population est blanche à presque 100% dans la grande majorité de ses villes et de ses villages. C’est aussi l’année où l’Angleterre gagne la coupe du monde de football. Avec des joueurs exclusivement de type caucasoïde…

 

C’était un autre monde…

 

Il n’y avait point de smartphone et les gens se parlaient spontanément, dans les trains, les magasins. Les garçons et les filles fondaient des familles sans songer nécessairement à leur plan de carrière. Il n’y avait pas de salles de sport ni aucune obsession du corps musclé comme il y en a aujourd'hui où les célibataires et les divorcés sont légion. La pornographie n’était pas à la portée de la masse et des pré-adolescents, etc. etc. 

 

Mais l’obsolescence commençait à toucher de nombreux objets. 

 

Oui, la société de consommation qui se met en place impose que les produits ne soient point trop solides, qu’ils ne durent point toute une vie !

 

Le but, c’est que le consommateur en change tous les deux ou trois ans, pour certains…

Oui, fini le culte des beaux objets qu’on transmettait à sa descendance... Je me souviens de mon grand-père (né en 1905) qui me parlait de son père (né en 1874) qui allait faire réparer sa montre tous les cinq ans chez l’horloger situé dans le chef-lieu de canton situé à une dizaine de kilomètres de son village… Il s’y rendait à pied, bien sûr ! 

1966 est une année mirifique pour l’académicien Antoine Compagnon qui a signé un livre ainsi titré, car centrée sur ce millésime. 

Oui, mais je ne l’ai point vanté, car ce brillant Compagnon n’y évoque point la naissance de Chiré… 

Et il parle d’auteurs que nous ne vendons pas, faute de lecteurs intéressés  : Georges Perec, Roland Barthes, Michel Foucault, Louis Aragon, Jean-Paul Sartre, Marguerite Duras…

1966, pour ceux que ça intéresse, c’est aussi l’année où De Gaulle retire la France du commandement intégré de l’OTAN…

Oui, et l’année où sort sur les écrans La Grande Vadrouille, l’année où est lancé Au Théâtre ce soir, et l’année où disparaissent Paul Reynaud, André Breton…

Et où naissent l’humoriste Dieudonné, la ravissante Sophie Marceau, David Hallyday, Pierre Hillard…

 

Sans oublier Benoît Mancheron, qui a travaillé comme libraire chez Duquesne. Mais il s’est bien gardé d'évoquer sa date de naissance quand il m’a interrogé…

 

Revenons, si vous le voulez bien,  sur ces 60 années : 1966-2026, durant lesquelles la République française, un récent article de Jean Terrien dans Rivarol (du 8 juillet 2026, La Crise existentielle de la République) le décrit avec force détails, a procédé à une guerre intensive contre le catholicisme qui structurait notre société.

 

Quand démarre cette guerre sans merci ?

 

Après le premier décrochage majeur de la pratique catholique qui, d’après l’historien du catholicisme Guillaume Cuchet, intervient après la clôture du concile Vatican II (1962-1965). « La rupture était déjà en gestation avec l’arrivée à l’âge adolescent des générations du baby-boom, mais le concile l’a déclenchée et amplifiée.»

 

Ce décrochage aura des conséquences funestes…

 

C’est ce que Jérôme Fourquet nomme, dans L’archipel français, un livre ayant connu un énorme succès, la dislocation de la matrice catholique à laquelle il consacre un chapitre… 

 

Hélas pour notre pays, cette guerre anti-catholique aligne, pour nos ennemis, de nombreuses victoires législatives, toutes plus ou moins dévastatrices pour la santé morale et démographique de notre pays. 

Lesquelles ? 

► la légalisation de la pilule contraceptive sous De Gaulle (1967), 

► la fin de l’autorité paternelle au profit de l’autorité parentale (1970), l’égalité des droits successoraux pour les enfants légitimes et adultérins (1972), 

► la loi autorisant l’avortement et le divorce par consentement mutuel (1975), 

► l’abolition de la peine de mort (1981), 

► l’adoption du PACS (1999), 

► le « Mariage pour tous » (2013), 

► la constitutionnalisation du droit à l’avortement après son remboursement en 1982 et la création d’un délit d’entrave à l’IVG en 1993.

Sans oublier la petite derrière : la loi sur « l’aide à mourir dans la dignité », autrement dit le suicide assisté, l’euthanasie…

En fait, comme l’écrivait Yvan Benedetti dans un touite récent : « La peine de mort, abolie pour les assassins et les pires criminels, est votée pour les plus fragiles des nôtres après être appliquée pour les enfants à naître. »

Oui ! C’est délirant !

En fait, « tous ces événements ont la même logique générale, poursuit Jean Terrien : la désacralisation progressive de la vie, de la mort, de la filiation, de la transmission, qui s’accompagnent dans la même séquence historique de la suppression de la souveraineté et de la destruction de l’économie. » 

Jean Terrien explique également « qu’en détruisant cette matrice, le républicanisme  s’est réduit à une fonction négative : détruire ce qui restait de la civilisation catholique française. Et en détruisant cette matrice, elle finit par s’attaquer aux fondements anthropologiques eux-mêmes : famille, filiation, mariage, souveraineté, transmission, volonté de vivre. »

Depuis 1966, depuis 60 ans donc, Chiré, elle, défend ces fondements anthropologiques. 

Oui, Chiré défend la vie, la famille, la France !

Elle les défend avec courage, persévérance, parfois difficilement, surtout depuis ses graves problèmes informatiques de 2025, mais elle ne renonce pas.

La situation peut sembler perdue, et susciter le découragement.

D’autant que le livre va mal, très mal…

En 2025, pour la première fois il y a eu plus de faillites de librairies que de créations..Sans compter les grosses sociétés en redressement judiciaire.

 

Cependant, nous ne devons pas baisser les bras !

 

Même si la situation paraît, à vue humaine, catastrophique, nous devons mettre en pratique cette forte pensée du philosophe Alain qu’on étudiait jadis dans les lycées : « Le pessimisme est d’humeur, l’optimisme de volonté».

 

Vous avez raison ! 

 

J’ai cherché un texte susceptible de nous redonner de l’espoir. Je l’ai trouvé dans  « 40 ans chez les 40 » de l’Académicien français Henry Bordeaux (1870-1963).

 

Je vous écoute : 

 

« Je me souviens que pendant la guerre, à Normée qui est un petit pays aux environs de La Fère-Champenoise et qui avait été détruit par les obus allemands, je vis descendre de sa carriole un vieux paysan. Il gravit les trois marches intactes qui conduisaient à son seuil. Mais ce seuil donnait sur le vide. De l’intérieur rien ne restait, ou à peu près rien: le toit s’était effondré sur l’étage et l’étage sur le rez-de-chaussée. Je supposai mon homme accablé par ces constatations et je m’approchai de lui pour lui adresser une parole de sympathie et de pitié. Il regardait, il mesurait sans doute son désastre. A ma voix il se retourna et me dit avec le plus grand calme :

- Les murs sont bons.

Je croyais qu’il approfondissait sa misère, il calculait le temps et le coût de la reconstruction.»

 

Formidable !

 

J’apprécie d’autant plus ce texte qu’il s’achève par un hommage à un penseur politique de première bourre qui considérait lui, que tout désespoir en politique est une sottise absolue

 

Lisez-nous ce texte…

 

« Ainsi, Charles Maurras, dans ses plus dures polémiques, pas plus que le paysan devant sa maison en ruines, n’a douté de la France. Non, tout n’est pas tranquille autour de nous, mais le coeur est intact et bat régulièrement. Cette France en laquelle il nous a montré, dans un portrait plus beau encore que celui de Louis XVI, l’union du charme et de la force : la force venue de l‘autorité paternelle des rois, des chefs de guerre et de ces chefs de paix qui sont les chefs de famille ; la tendresse venue de la Vierge qui inspira le respect de la femme et de la chevalerie, venue aussi des saintes de notre sol; une Bernadette de Lourdes, une Thérèse de Lisieux et surtout cette Jeanne d’Arc pour qui le cardinal Villeneuve, archevêque de Québec, quittait le Canada et franchissait l’Océan afin de bénir, hier, comme Légat du Pape, sa maison natale à Domrémy - cette France, notre France, a été construite avec la chair et le sang, avec le coeur et l’esprit de nos pères pour durer. Avec les nôtres, elle durera… »

 

Sublime !

 

Ce texte est tiré du chapitre intitulé L’élection de Charles Maurras

 

Je crois qu’il sera question de ce grand penseur lors des 56e Journées chouannes…

 

Oui, le samedi en fin de matinée, de 10 H 45 à 11 H 30, il y aura une table-ronde dirigée par la veuve de l’historien Gérard Bedel, Jacqueline pour ses amis, qui permettra à deux spécialistes du Maître de Martigues d’évoquer la très dure condamnation de l’Action française par le Saint-Siège, condamnation qui a laissé des traces négatives dans l’Eglise de France et qui, si j’ose dire, fête cette année ses cent ans…

 

Quels sont ces spécialistes…

 

Hilaire de Crémiers, le talentueux chroniqueur de Politique magazine et le directeur de La Nouvelle Revue universelle. Et, bien sûr, auteur de deux ouvrages sur le sujet, le sympathique Philippe Prévost. 

 

A noter que cette table ronde sera suivie de la commémoration d’un autre événement qui s’est déroulé également en 1926 quand Pie XI gouvernait l'Eglise : la révolte des Cristeros au Mexique.

 

Trois personnalités de grande valeur évoqueront ce drame sanglant qui donnera naissance, en 2012, à un film de qualité avec des acteurs de première bourre (Eva Longoria, Andy Garcia) : Reynald Sécher, l’historien bien connu des guerres de Vendée, l’abbé José-Oscar Néri, auteur des Racines de la Christiade, et l’abbé Jacques Olivier, qui répondra à la question : Quels enjeux doctrinaux et politiques pour le pontificat contrasté de Pie IX ? 

 

Viendra, après le déjeuner sur place, deux autres conférences et une table-ronde pour achever la journée qui, j’ai oublié de le mentionner, aura débuté, si Dieu veut, par une conférence du colonel Jacques Hogard sur les Guerres d’aujourd’hui : Ukraine, Iran et la recomposition du monde

 

Ah, Jacques Hogard, encore un très bon dans son domaine ! Revenons à cette après-midi du samedi 5 septembre...

 

L’économiste Adrien Penaranda, de 14 h 30 à 15 h, nous fera découvrir la grande figure intellectuelle que fut le philosophe belge Marcel De Corte, auteur de deux chefs d’oeuvre qu’il est toujours bénéfique de lire et de relire : L’Intelligence en péril de mort, L’Homme contre lui-même.  

 

Puis viendra une conférence qui donnera envie aux Français les plus pacifistes de renverser ce régime pourri jusqu’à la moëlle  : Le Livre noir de l’argent public. Comment l’Etat dilapide ce que vous avez gagné. Par le directeur de Contribuables associés, Jean-Baptiste Léon, qui vient de sortir une véritable bombe : Le Livre noir de l’argent public, les secrets d’un Etat en faillite.

 

C’est terrifiant de voir comment l’Etat nous vole ! Et enrichit certains voyous en col blanc ou du ruisseau ! Mais il ne nous vole pas par incompétence, non ! il le fait parce qu’il a juré notre perte. Toujours cette gouvernance mondiale par le chaos qui impose aux pays du Nord de se tiers-mondiser...

 

Espérons qu’un grand nombre de Français découvrent enfin le pot-aux-roses… Il y en a encore beaucoup trop à penser sérieusement que les « gouvernants » à la sauce Macron font tout ce qu’ils peuvent pour nous tirer la tête de l’eau !

 

Non, je n’arrive pas à croire ce que vous me dites !  

 

Venez avec moi à Laval et vous verrez que des gens, a priori intelligents, mais scotchés une grande partie de leur journée à leur poste de télévision, ne peuvent imaginer ce que des auteurs comme Claire Séverac, Serge Monast et beaucoup d’autres ont écrit concernant la guerre secrète contre les peuples. Une guerre d’ailleurs de moins en moins secrète… 

 

Enfin, certains ont compris... Je pense aux quatre copains qui se sont récemment baptisés Les Coriaces et ont écrit un ouvrage édité par Chiré, ouvrage destiné à détruire les différents narratifs de ceux qu’ils ont baptisés Les Voraces… Ces quatre plumes de talent, avec humour mais aussi gravité, dressent un bilan peu reluisant de nos sociétés modernes et donnent des pistes pour se préparer au grand renouveau.

 

Nom et prénom de ces Coriaces et titre de leur ouvrage, siouplaît !

 

Le journaliste André Bercoff, le vétérinaire Alain de Peretti (et président de l'association Vigilance Halal), le psychiatre Daniel Cosculluela et le docteur Philippe Bornet. Leur ouvrage collectif s’intitule Du présent faisons table rase. Allons enfants de la Matrix ! 

 

Voilà pour la première journée…

 

Le programme du lendemain n’est pas encore définitif à l’heure où je vous parle mais je peux quand même affirmer que plusieurs messes seront dites, à 7 heures, par le Père Jean-Marie, supérieur de la Fraternité de la Transfiguration (messe basse), à 9 heures par le Révérend Père Jean-Paul Argouach (messe basse également), de l’Institut de Sainte-Croix de Riaumont, et, à 10 heures, par l’abbé Jean-Yves Cottard (messe chantée).  

 

L’après-midi, il sera question des 60 ans de combat de Chiré, avec le fondateur Jean Auguy, son gendre et actuel directeur, qui a repris la maison en 2011, François-Xavier d’Hautefeuille, et Mickaël Savigny, rédacteur en chef de Lectures françaises.

 

Il est également prévu d’évoquer les risques que représente l’Intelligence artificielle… 

 

Je vous donnerai tous les détails dès que j'en aurai connaissance, ce qui ne saurait tarder...

 

Je sais qu’outre les extraits que vous m’avez lus (de Jean Terrien et de l’académicien Henry Bordeaux) vous avez évoqué deux autres auteurs…

 

J’ai dit deux mots de l’abbé Mugnier et de Jean Renoir mais je n’ai pu évoquer un autre titre car, une fois de plus, le temps passe à une vitesse folle lors d’un entretien… J'envisageais de parler d'un livre formidable, Ferdinand furieux, qui permet de mieux connaître la personnalité et l'oeuvre de Céline...

 

Je vous propose d'évoquer tout ce petit monde dans les jours à venir, en insistant également sur un scandale que j'ai découvert la semaine dernière : la place Maurice Barrès située à Paris vient d’être rebaptisée. Elle se nomme désormais la  Place Lucie Dreyfus !

 

Au nom de ce que d’aucuns nomment l’antisémitisme renaissant dans notre pays…

 

C’est un scandale absolu…

 

Oui, et j’espère qu’un de mes amis acceptera de venir évoquer ce sujet à Chiré lors des Journées chouannes… Car si on ne se moque pas de Dieu, on ne se moque pas non plus de la littérature française quand elle est de la qualité d'un Maurice Barrès, l'un des plus grands auteurs nationalistes français...

On parlera de tout cela lors de notre prochaine rencontre, cher JCG…

J'attends d'ores et déjà notre prochaine rencontre, cher Bois-Renard...

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