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Le Musée des Sciences, Daniel Oehlert

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Bien qu’elle débute en 1974, l’histoire du Musée des Sciences de Laval nous oblige à remonter en 1899. Cette année-là, alors qu’elle inaugure son imposant Musée des Beaux-Arts, la Ville ouvre aussi un petit musée d’histoire naturelle dans l’une des salles du Vieux-Château… Une création qu’elle doit à l’érudit Daniel Oehlert (1849-1920)…

Le contre-chouan Grand-Pierrot

D’origine alsacienne, Oehlert était le petit-fils d’un contre-chouan passé à la postérité sous le surnom de Grand-Pierrot. Plus connu à Paris que dans sa ville natale, Oehlert laissera une œuvre scientifique de qualité, qu’il accomplira avec une collaboratrice dont il est proche : sa femme, Pauline Crié. Président de la société géologique de France, fondateur d’une revue de paléontologie, Oehlert sera également bibliothécaire titulaire de Laval et conservateur en chef des musées d’archéologie et d’Histoire naturelle.

 Le Vieux-Château

Travailleur infatigable, il publia un grand nombre de notes sur les terrains primaires du Maine, de l’Anjou et de la Bretagne, et prit, entre autres, une part active dans la réalisation de la carte géologique au 1/80 000. Obsédé par sa tâche, il quittera la vie en 1920 de la manière qu’il souhaitait : dans l’une des salles du Vieux Château qu’il avait contribué à restaurer avec ses propres deniers… Il léguera à la Ville de Laval toutes ses collections et sa bibliothèque…

Mais revenons au Musée des Sciences – le vrai ! - qui va ouvrir en 1974 en lieu et place de l’ancien Musée des Beaux-Arts, à deux pas du jardin de La Perrine…

 Affaires sanitaires et sociales

Inauguré en 1899 par le maire Victor Boissel, ce Musée réservé aux peintures et sculptures ferme ses portes à la Libération… Quelques années plus tard,  il loge la direction des affaires sanitaires et sociales… C’est peu dire que le cadre de travail est du genre agréable : «  Quand nous étions fatigués, se souvient une secrétaire, nous regardions les plafonds en rêvant… »

Puis cette direction disparaît et le grand bâtiment de style néo-grec inauguré sous Félix Faure se retrouve désert…

 Le Musée d’art naïf

C’est alors, au début des années 70, que Louis Vallée (1908-2001), docteur es sciences et prof au lycée Ambroise Paré, eut l’idée, la force de persuasion et l’influence nécessaires pour y faire amener le musée d’histoire naturelle de Daniel Oehlert…

Il est d’autant plus disposé à effectuer ce transfert que, depuis 1967, le Vieux-Château accueillant le nouveau Musée d’Art Naïf (eh oui, Laval est la ville natale du Douanier Rousseau ! ), les merveilleuses collections de Daniel Oehlert sont entassées dans les réserves de ce dernier…

Jane Guyon

 L’inauguration du Musée des Sciences eut lieu en 1974, André Pinçon étant maire de Laval.

 Retraité de l’Education nationale, Louis Vallée ne ménagea ni son temps ni sa peine pour faire de « son musée » un lieu de visite scientifique. « C’était un érudit, confie sa collaboratrice Jane Guyon. Mais un érudit qui avait un don rare :  celui de la vulgarisation. »

 Et c’est ainsi que cet « homme d’un commerce très XIXe siècle » put enrichir la culture générale de dizaines de milliers de visiteurs du musée des sciences…

 La dernière louve

En 1986, Jane Guyon lui succédera et restera l’âme du musée jusqu’au milieu de 1994 où elle sera remplacée par Frédéric Foucher (aujourd’hui prêtre dans le Diocèse de Laval).

Grâce à ces trois passionnés, bon an mal an, près de 20 000 personnes gravirent les imposantes marches du musée construit par Léopold Ridel. Des scolaires, bien sûr, mais aussi beaucoup de grands-parents avec leurs petits-enfants, avant ou après la promenade de la Perrine…

Les attiraient particulièrement la merveilleuse horloge astronomique et ses vingt-trois cadrans, la dernière louve abattue dans le département en 1850 et ses trois louveteaux, les côtes de la baleine ; les tortues d’eau, les vieux vélos…

 Le CCSTI

Depuis 1997, d’Aubert regnante, le musée des Sciences a pris un nouveau souffle grâce au Centre lavallois de Culture Scientifique, Technique et Industrielle (CCSTI).

Et les expositions s’y succèdent en combinant les moyens de communication les plus modernes (multimédia, panneaux chic et choc…) et, parfois,  les bonnes vieilles collections d’histoire naturelle de l’érudit Daniel Oehlert.

Qu’en penserait celui qui fut à l’origine de la création de cet imposant bâtiment, qui a troqué, il y a plus de 35 ans, les Beaux-Arts pour les Sciences, le peintre Charles Landelle ?

 Sources : Laval Infos n°15, mars 1997 et  Laval Infos n°69, mars 2002

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