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L'oeuvre de Mgr Wicart, 1er évêque de Laval

wicart

Décrite par l’historien Couanier de Launay, l’arrivée de Mgr Wicart à Laval dans son nouveau diocèse (cliquer La naissance du diocèse de laval en 1855) eut lieu le 28 novembre 1855, en compagnie du nonce apostolique à Paris, Mgr Sacconi.

Elle fut triomphale…

Le premier évêque de Laval saura se faire accepter par les fidèles. Et ce malgré un caractère entier dont le souci n’était pas de plaire aux hommes mais à Dieu uniquement. Selon la formule de Couanier, les élans de son âme « avaient moins besoin d’être excités que contenus »…

L’homme « déteste les manœuvres, les parlottes », écrit Gaston Cherel dans le livre édité en 2005 pour fêter les 155 ans du diocèse (Regards d’hier à aujourd’hui). Et l’historien de poursuivre : « Ne se laissant jamais aller à la familiarité, il impressionne, veille à la décence des cérémonies et à la qualité de l’accueil que l’on doit réserver à un évêque, non en considération de sa personne mais de sa mission. »

Le tour des paroisses

Travailleur infatigable et doté d’une excellente santé, il parcourt son diocèse sans relâche effectuant, durant son épiscopat, cinq fois le tour des paroisses !

« Si, au XIXe la bienséance commande à l’évêque de tenir un train de vie bourgeois, poursuit Cherel, Mgr Wicart ne semble rien réclamer au-delà de la décence imposée par sa fonction ; pour les tournées pastorales, il demande qu’on limite le nombre des invités aux repas, qu’on en réduise la durée et qu’on allège le service des repas. »

 La formation des prêtres

C’est avant tout un homme pieux, comme en témoigne Couanier de Launay : « On le surprenait parfois dans son cabinet, ayant suspendu son travail, à genoux ou simplement les yeux levés au ciel ou fixés sur le crucifix et priant. »

Sa priorité ? La formation des futurs prêtres. D’où la construction d’un grand séminaire, au sommet de la colline de Beauregard, à Laval. L’Etat, déjà engagé à construire l’évêché, les fidèles sont invités à se montrer généreux…

Ils le seront. Mais les travaux seront achevés en 1892, 13 ans après la mort du prélat…

Gaston Cherel

Son souci de formation, poursuit Gaston Cherel, concerne aussi les prêtres en exercice, qui « doivent se présenter cinq fois après leur ordination à des épreuves écrites et orales de théologie, d’écriture sainte, d’histoire ecclésiastique et de droit canon. »

Autre obligation : « Tous les prêtres subissent au mois de novembre de leur douzième année de ministère un examen portant sur six matières. » Mgr Wicart met aussi en place les retraites ecclésiastiques, qui, Couanier de Launay dixit,  permettent aux prêtres « de venir se retremper, comme on en a toujours besoin, dans l’esprit de Dieu et de leur saint état ».

La guerre de 1870

De 1855 à 1876, sous l’impulsion de Mgr Wicart, les Mayennais construisent ou restaurent de nombreuses églises. Ils participent aussi à des fêtes grandioses dans les rues de Laval : couronnement de la statue de Notre-Dame d’Avesnières (9 mai 1859) ; consécration du diocèse au Sacré-Cœur de Jésus (25 juin 1865)…

Le 20 janvier 1871, les Prussiens aux portes de Laval, Mgr Wicart demande à la Vierge de préserver Laval, devant 4 000 fidèles réunis à Notre-Dame d’Avesnières. La suite est connue : les Prussiens quittent la Mayenne et Mgr Wicart tient sa promesse de restaurer la tour et la flèche de la basilique d’Avesnières.

Pontmain

Entre-temps, la Vierge est apparue dans le ciel de Pontmain à quatre petits Mayennais, que Mgr Wicart viendra interroger lui-même dans le cadre de l’enquête qu’il a ordonnée.

Le 2 février 1872 sa conclusion fait toujours autorité : « Nous jugeons que l’Immaculée Vierge Marie, Mère de Dieu, a véritablement apparu le 17 janvier 1871 à Eugène Barbedette, Joseph Barbedette, Françoise Richer et à Marie-Jeanne Lebossé, dans le hameau de Pontmain. »

Dans la foulée, le 18 juin 1873,  il posera la première pierre de la basilique de Pontmain et mettra en place les structures et l’animation spirituelle des pèlerinages à venir dans le Nord Mayenne…

La IIIe République

En 1871, l’arrivée de la Troisième République n’entraîne chez lui aucun rejet de principe :  « Conduite par des mains sages, écrit-il, la République peut donner à la société des garanties de liberté sans licence, des gages de bon ordre et de paix. »

En revanche, Mgr Wicart ne saurait être libéral. Car être libéral c’est admettre que toutes les opinions se valent, qu’il n’y a pas de Vérité.

En 1876, après 21 ans d’épiscopat, Mgr Wicart quitte l’évêché et meurt trois ans plus tard.

Selon sa volonté, son corps repose dans la cathédrale de Laval.

 

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